Affaire Obono : la LICRA écrit à Jean-Luc Mélenchon

La députée de la France insoumise Danièle Obono à l’Assemblée le 24 octobre 2017. – Eric FEFERBERG / AFP

Madame Danièle Obono, députée de Paris et membre du groupe parlementaire « La France Insoumise » a déclaré dimanche 5 novembre sur Radio J : « Houria Bouteldja, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais c’est une militante antiraciste. Elle en fait partie. […] Je considère Houria Bouteldja comme une camarade, parce qu’elle fait partie de ce mouvement-là. Et dans ce mouvement-là, on se bat sur la question de l’égalité. […] Il ne faut pas réduire tous ces militants anti-raciste à des antisémites. »

Lundi 6 novembre, nouvellement entré en fonction, Mario Stasi, président de la LICRA, a immédiatement écrit à Jean-Luc Mélenchon, président du Groupe parlementaire dans lequel siège Mme la députée Obono. Il lui a demandé de clarifier publiquement sa position et celle de son parti à l’égard de ce groupuscule extrémiste, animé par une doctrine exclusivement vertébrée par le racisme et son obsession des Juifs. Il est urgent de sortir de l’ambiguïté, fût-ce au détriment d’une stratégie électoraliste faite sur le dos des valeurs les plus essentielles de notre République.

Pour lire le courrier, cliquez ici.

Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon a répondu à cette interpellation, déclarant « être en totale opposition avec la politique du Parti des Indigènes de la République » et dénonçant « le cas particulier du racisme antisémite » qui « renvoie à une longue tradition meurtrière dont il faut toujours craindre les résurgences et tout faire contre ce qui y concourt. ».

Le jour même, Mme Obono a tenté de revenir sur ses propos en postant une mise au point sur sa page Facebook. (Pour lire cette déclaration, cliquez ici).

A la suite de cette polémique, Mario Stasi, au nom de la LICRA, a de nouveau adressé une missive au Président de la France Insoumise pour lui indiquer que sa lettre avait le mérite de la clarté même si elle ne répondait pas totalement aux interrogations soulevées par les premières déclarations de Mme Obono et les conséquences éventuelles qu’il pouvait en tirer.

Il a en outre rappelé à M. Mélenchon, en dépit du message de soutien que ce dernier à la LICRA, que nombre de ses amis politiques, notamment à la Région Ile-de-France, votent contre les subventions destinées à mener nos actions contre la radicalisation dans le monde sportif.