Atelier n°1 : le travail de la Licra dans les quartiers populaires

Retour sur le sondage réalisé par OpinionWay : « Les Français et le racisme, 30 ans après la marche pour l’égalité »

Roger Benguigui souligne que les associations antiracistes ne sont pas suffisamment connues. Si elles sont jugées utiles, leur action est considérée comme « pas efficaces » par 70 % des Français. Selon lui, il est important de se réapproprier un rôle de contre-pouvoir en utilisant l’action de terrain, la communication mais aussi le développement de liens de proximité avec les militants et les citoyens. 

Présentation des projets « Campus Marianne » et de « Ma 6T va changer »

 
Pour Zohra Bitan, la situation s’est transformée pour la génération des 12-30 ans : la lutte antiraciste n’apparaît plus comme une solution efficace. Au racisme et aux discriminations se sont superposées de nouvelles problématiques structurelles telles que la crise économique ou encore la ghettoïsation de banlieues. La réaction face à cette situation : plutôt le rejet et l’opposition frontale que le combat antiraciste.
 
Zohra Bitan souligne qu’il est urgent de réinvestir ce terrain afin de développer une nouvelle dynamique sur le long terme et une implantation en profondeur. Pour illustrer son propos, elle présente 2 actions-phares :
 
  • Le programme « Campus Marianne » propose des stages de formation à la citoyenneté sur 1 ou 2 journées dans le cadre scolaire, surtout dans des classes de primaire. Objectifs : permettre aux enfants et adolescents de mieux comprendre la société dans laquelle ils vivent, de mieux s’informer pour pouvoir agir et de saisir avec plus de facilité les enjeux du XXIe siècle pour la France et les Français. Exemples de stages : « Comprendre les origines de la Marseillaise » ; « Les combats antiracistes » ; « Le civisme et les réseaux sociaux ».
  • Le projet « Ma 6T va changer » : juste après les émeutes urbaines de 2005, un blog interactif destiné aux jeunes des quartiers est lancé pour créer un espace d’échanges et d’expressions au service des jeunes. Ce « webdomadaire » permet à des jeunes de débattre de politique, de culture et surtout de s’approprier les différentes règles de la société notamment celles des institutions et de leur fonctionnement. Quelques années plus tard, les ¾ des jeunes qui ont intégré ce projet ont réussi leur parcours professionnel.

 

Le HAC (Havre Athlétique Club) : centre éducatif de formation et d’actions citoyennes

 
Le Havre AC est le plus vieux club de rugby et de football de France. Fort de son expérience sportive et partenaire de la Licra, le HAC se distingue depuis plusieurs années par les actions d’éducation et de sensibilisation menées auprès des jeunes joueurs du centre de formation, notamment au travers de projets de la promotion de la citoyenneté et du respect d’autrui.
 
 
 
 
 

« Former des footballeurs de haut-niveau, accompagner des citoyens responsables »

  • Le sportif de haut niveau doit être représentatif du bien commun, c’est-à-dire de la nation. Pour cela, un projet d’éducation citoyenne a été graduellement au sein de la formation :
  • Les jeunes du centre assistent à une audience du tribunal puis apprennent et débattent de notions socio-juridiques (la loi, le règlement, le règlement intérieur mais aussi plus généralement la Constitution).
  • Des visites en entreprise – notamment de transports – sont mises en place pour effectuer une réflexion sur les incivilités.
  • Un partenariat existe avec les musées du Havre où des visites sont organisées – une découverte pour la plupart des jeunes.
 

Actions à l’extérieur : « casser les frontières », faire des jeunes des « ambassadeurs dans les quartiers »

 
Avec « HAC mon parrain », le football est utilisé comme un vecteur d’échange, de respect des règles et des autres, de transmission des valeurs éducatives.
 
Avec des animations football structurées dans 5 territoires dits sensibles du Havre, près de 300 garçons et filles de 8 à 12 ans participent à des entraînements et des tournois. Ils sont encadrés par des « animateurs de quartier » qui bénéficient d’une formation dans le cadre d’une première expérience professionnelle. Un projet de labellisation des centres de formations est mis en place afin d’exporter le modèle de centre éducatif de formation développé par le HAC notamment avec Rennes, Auxerre, Lens ou Metz.

 

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