Attaque antisémite dans le musée juif de la capitale européenne

A 15 h 50, samedi 24 mai, la vidéo enregistre l’image d’un tueur en casquette qui exhibe sa Kalachnikov pour abattre froidement deux touristes israéliens, une bénévole française et un employé belge du Musée !

Cinq jours plus tard, le tueur présumé, Mehdi Nemmouche, 29 ans, est arrêté par les douaniers à la gare routière de Marseille, en possession des armes de la tuerie : un émule de Merah, passé par la Syrie…

Le spectre de l’affaire Merah… C’est ainsi que quelques commentateurs avisés ont très vite évoqué l’attaque meurtrière du Musée juif de Bruxelles, perpétrée – était-ce un hasard ? – à la veille des élections européennes.

De fait, comme dans l’affaire antisémite de Toulouse, c’est un individu tuant sans ciller, en plein jour, dans un lieu symbolique du judaïsme, que l’on pouvait découvrir sur les vidéos prises par les caméras de contrôle du musée – le seul lieu de la communauté qui n’était pas placé sous surveillance jusqu’ici…

Comme le tueur de Toulouse, l’assassin de Bruxelles était équipé d’un appareil photo dans le but de diffuser sur le Net les images de ses meurtres prémédités.

La prison, berceau de l’islamisme radical

Comme son prédécesseur de sinistre mémoire, il est français, issu d’une famille maghrébine, converti à l’islam radical lors de séjours prolongés en prison, et idéologiquement formaté en 3 D – « sans être complètement structuré sur le plan organisationnel, précisait aussi très vite Gilles Kepel, son arrestation a eu lieu à Marseille de manière fortuite, et non sur renseignements ».

C’est bien parce qu’il transportait dans son sac, six jours après l’attentat, le kit complet du parfait djihadiste en cavale que l’homme de 29 ans a été interpellé, après un simple contrôle effectué par des douaniers à la gare Saint-Charles de Marseille. La Kalachnikov qui faisait partie de l’arsenal découvert était enveloppée dans un drap portant des inscriptions relatives à l’Etat islamique d’Irak et du Levant, un groupe islamiste sunnite affilié à Al-Qaïda. Son leader salafiste, en guerre contre les chiites, est l’un des trois terroristes les plus recherchés par le FBI depuis 2011.

Condamné à sept reprises, principalement pour braquage, avec cinq ans de prison la dernière fois, il était, comme l’assassin de Toulouse, parti s’entraîner au djihad (un an sur le front en Syrie) et, comme Merah, était dûment fiché.

La migration syrienne des « loups solitaires d’Europe »

A l’heure de son arrestation, son avocate tombait des nues (rien ne le prédisposait, selon elle, à commettre des faits de violence – sic !), même chose pour l’entourage, tandis que l’expression de « loup solitaire » faisait un retour en force. Mais l’image est-elle bien à la hauteur du phénomène, alors que les citoyens européens fanatisés par un islam radical et partis s’entraîner au djihad en Syrie se comptent par centaines ?