Les religions freinent-elles l’accès aux soins médicaux?

Plus de 100 personnes ont assisté jeudi 3 mars au soir à la rencontre organisée par la Licra autour du compte-rendu d’une remarquable enquête sur « la santé à l’épreuve de la laïcité ». 120 médecins de ville avaient répondu à un questionnaire envoyé à 1800 praticiens de la Loire.

Christine CAUET et Charles DZVIGA firent l’historique de la démarche de la Licra qui avait réussi à convaincre les médecins qui éprouvent des difficultés à soigner certains patients de revenir sur les préventions de leur patients pour des raisons de traditions ou d’obligation religieuse. Si nous disposons de nombreuses enquêtes sur la laïcité à l’hôpital (cf le supplément think tank du DDV publié en février 2016) c’est la première fois en France qu’un tel travail est engagé auprès des médecins de ville. On trouvera ci-dessous les résultats complets de l’enquête qui montre que 24% des médecins ont éprouvé des difficultés en face de patients qui opposaient leur croyance religieuse aux traitements qu’on leur proposait et que 2 tiers des médecins avaient eu maille à partir au moins une fois avec ce genre de position.

Après qu’Antoine Spire ait rappelé ce que les principes de laïcité recommandaient en matière d’écoute des préventions des uns et des autres, une riche discussion à permis à plus de 20 personnes de faire part de leur pratique. Dans tous les cas le soin, l’organisation du travail médical doivent être privilégiés, mais tout doit être fait pour que le malade ne décide pas de se soustraire aux soins. Que doit faire le médecin en face de la demande d’un certificat de virginité ? Accepte-t-on facilement de recoudre un hymen, qu’en est-il des faux fimosis invoqués pour obtenir une circoncision dite hygiénique à l’hôpital ? Que faire en face de femmes qui demandent une contraception « naturelle » pour ne pas enfreindre l’interdiction d’autres moyens que leur religion récuse ? Autant de questions débattues. Mais c’est sur la nécessité d’une meilleure formation des équipes soignantes en sciences humaines que le consensus se fit.

On se quitta en décidant d’approfondir cette enquête, pour permettre aux équipes soignantes de trouver un lieu de débat ouvert aux paramédicaux comme aux médecins désireux de débattre des cas qu’ils avaient des difficultés à résoudre individuellement. Pour impliquer le grand public dans la résolution de ces questions ce genre de discussion devra se multiplier.

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