Combattre l’antisémitisme. Ne rien céder

Benjamin-Amsellem, le rabbin agressé à Marseille

« Il est insupportable que des citoyens se voient inquiétés, agressés, frappés en raison de leurs choix religieux (…) et qu’ils puissent en tirer la conclusion qu’il faudrait se cacher », a déclaré le président de la République François Hollande à la suite de l’agression lundi 11 janvier à Marseille d’un enseignant juif par un lycéen radicalisé de 15 ans.
Pour le quotidien Le Monde, « le terrorisme fondamentaliste, dont l’organisation Etat islamique est le dernier avatar, reprend tous les stéréotypes du vieil antisémitisme européen, accommodé à la sauce de l’heure, mélange de théories du complot importées du Moyen-Orient et transportées par Internet. »

Chaque jour, la Licra constate la montée de la haine de l’autre. En 2015, notre service juridique d’aide aux victimes a enregistré une hausse des actes et propos antisémites de 7 points, passant de 14% en 2014 à 21% l’an dernier.
Et pourtant, au lendemain des attentats contre Charlie et l’Hypercacher, les « Je suis Charlie » et « Je suis Juif » avaient fleuri dans toute la France. Ils exprimaient « cette capacité de dire que bien que n’étant pas de cette appartenance, je peux m’inscrire dans une empathie et je peux reconnaître que chacun de nous n’est pas enfermé dans une appartenance et que l’agression est aussi la mienne », selon la rabbin Delphine Horvilleur invité sur le plateau du Petit Journal (Canal Plus) jeudi 14 janvier. Néanmoins, « la menace est une menace sur l’universel qu’à cet instant les juifs viennent représenter », a-t-elle ajouté. « La solitude de la communauté juive a peut-être un peu pris fin quand en novembre, on s’est rendu compte qu’on était attaqué pour ce que l’on était, pas pour ce que l’on pensait, ce que l’on priait ou ce que l’on portait ».