[COMMUNIQUÉ] Affaires de Créteil

[COMMUNIQUÉ] Affaires de Créteil : ne pas reconnaître le caractère antisémite de ces crimes serait un scandale – Jeudi 23 février 2017

Fin 2014, un couple résidant dans le quartier de la pointe du Lac à Créteil était victime d’une séquestration violente avec ligotage. A cette occasion, les trois agresseurs, à la recherche d’argent et de bijoux, se sont livrés à des attouchements sur la jeune femme et ont proféré à leur rencontre des insultes à caractère antisémite et leur expliquant « vous êtes juifs, vous avez de l’argent ». Quelques jours plus tôt, un septuagénaire, également juif, avait subi une agression du même type.

Interpellés dans les jours qui ont suivi, les auteurs présumés des faits ont été mis en examen pour viol en réunion, vol avec arme, séquestration et extorsion suivie de violences « en raison de l’appartenance à une religion ».

Toutefois, en décembre 2016, le magistrat instructeur, sans prévenir les victimes et les parties civiles, a requalifié les chefs de mise en examen, retirant les circonstances aggravantes liées à l’antisémitisme.

Cette situation est profondément inacceptable : le seul point commun aux crimes commis à Créteil fin 2014, c’est la haine à l’égard des juifs. Cette bande, si elle n’a pas commis l’irréparable comme dans l’affaire d’Ilan Halimi, s’inscrit exactement dans la même logique que le « Gang des barbares » et doit être poursuivie comme telle.

Ne pas reconnaître le caractère antisémite de ce crime serait un scandale judiciaire et moral. Ce serait surtout taire des choses qui pourtant doivent être dites : ceux qui sont animés par des préjugés à l’égard des juifs passent malheureusement de la parole aux actes.

La LICRA a déposé hier des observations auprès du magistrat instructeur pour qu’il revienne sur sa décision, qu’il auditionne les parties et procède à des confrontations. Elle a également invité le Parquet à ne pas rester inerte face à ce déni : le Ministère public représente les intérêts de la société et a le devoir de ne pas fermer les yeux sur de telles évidences. Son silence serait la manifestation d’une démission collective à laquelle nous ne pouvons nous résoudre.

Contact presse : communication@licra.org