Crainte d’un non-lieu pour Bisesero

Génocide rwandais

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Bisesero, dans l'ouest du Rwanda, le 2 décembre 2015, 21 ans après le massacre de plus d'un millier de Tutsis. © STEPHANIE AGLIETTI/AFP

Tous ceux qui croyant en la justice, espéraient que celle-ci  apporterait davantage de lumière sur le rôle joué par l’armée française sur les collines de Bisesero au Rwanda, dans une zone qu’elle contrôlait, mais  où, en pleine opération Turquoise, en juin 1994, un massacre de plusieurs milliers de personnes s’est produit qui n’aurait jamais dû avoir lieu, sont aujourd’hui consternés. L’instruction où s’était impliqué un ensemble de parties civiles, dont un monde associatif soucieux que soit dit enfin le vrai sur un génocide dans le déroulement duquel les travaux et publications de chercheurs  indiquent que notre pays a eu sa part de responsabilité, est en passe de se clore sans qu’aucun des protagonistes militaires n’ait été mis en examen. Sur cette base on ne pourrait qu’aboutir à un non-lieu général, accréditant la thèse, vingt-quatre ans après les faits, de l’innocence absolue des militaires français et au-delà d’eux, des donneurs d’ordre politiques.

Partie civile elle-même et engagée depuis des années pour que soit établie la complète mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, la Licra continuera résolument dans son oeuvre militante afin que toutes les responsabilités soient établies, par les moyens de la recherche, et également en continuant, comme elle l’a fait jusqu’à présent, à mobiliser les possibilités offertes par le droit. Quant à ce dernier, nous l’ajoutons avec la ferme résolution qui guide notre militantisme, toutes les portes, même pour le procès en cours, ne sont pas encore fermées, et la Licra est décidée à oeuvrer pour la mise en examen des militaires impliqués, ce qui est juridiquement encore possible.

Rachel Lindon, avocate de la Licra dans la plainte concernant les événements de Bisesero

Alain David, président de la commission nationale de la Licra, Mémoire, Histoire et Droits de l’Homme

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