Conçu d'abord pour les prisonniers de guerre nord-africains évadés des camps allemands, le réseau s'ouvre aux résistants de différents groupes, aux agents alliés, et lorsque les lois antisémites sont promulguées presque exclusivement aux enfants juifs. Ce mouvement s'amplifie au lendemain de l'opération « Vent printanier »» (Rafle du Vel d’Hiv : 16-17 juillet 1942) car la menace qui pèse sur les enfants est clairement exprimée par une note adressée à la police parisienne chargée des arrestations,
« N'oubliez pas les enfants ! ».
Dès lors, la mosquée devient un lieu de passage, de transit pour tenter de mettre à l'abri le plus d'enfants possible.
Si Kaddour Benghabrit, recteur de la mosquée fut l'âme de cette opération. Il met en place un système efficace d'alerte qui permettrait de soustraire rapidement les enfants à la menace d'une descente de police. Personne ne fut arrêté dans l'enceinte de la mosquée.
De plus, il établissait des faux actes de naissance (son statut juridique le lui permettait) qui transformait les jeunes fugitifs en enfants musulmans.
Ce film veut rendre justice à ces actes de courage et à ceux anonymes des résistants musulmans (Kabyles) qui gravitaient autour de l'édifice religieux dans le quartier Monge ¬Jussieu.
Derri Berkani
Réalisateur
L’action LICRA
La LICRA a entrepris un travail pour tenter de vérifier ces faits historiques méconnus de la Seconde Guerre Mondiale pendant la période d'occupation de la France.
C'est faire œuvre utile que de permettre aux jeunes issus de l'immigration de s'approprier l'histoire généreuse et courageuse de leurs aînés, d'en faire leur mémoire vivante, qui est aussi une part de la mémoire nationale.
Ce film projeté depuis trois ans dans un contexte difficile est cependant toujours bien reçu par élèves et professeurs.
Il permet aussi de modifier le regard des autres sur ces jeunes et aide chacun à mieux se connaître et se respecter. C'est là un des buts de la LICRA.
Déjà projeté dans de nombreux établissements, ce film en plus de la surprise et de l'émotion qu'il crée, suscite de nombreuses questions et observations sur lesquelles nous nous appuyons pour faire réfléchir et s'exprimer notre public sur l'engagement personnel, le respect de l'être humain, la fraternité et bien sûr la citoyenneté.
Si Kaddour Benghabrit
Né en Algérie en 1872, à Siddi bel Abbès mort en 1954 (82 ans) à la Mosquée de Paris. Fondateur (en 1926) et animateur de l'institut musulman. Diplomate, grand croix de la Légion d'Honneur (artisan de l'amitié franco-marocaine), il exercera de hautes fonctions au Maroc avant de devenir le premier recteur de la Mosquée de Paris.
Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, sous l'occupa¬tion allemande, c'est grâce à sa personnalité, son inventivité et son courage, qu'il saura faire de la Mosquée (de son entourages et des ses dépendances), un lieu d'asile, de passage participant ainsi à la protection et au sauvetage de toutes sortes de personnes en grand danger ou poursuivies.
Par la diffusion et l'animation de débat que nous organisons autour de ce film, nous souhaitons faire connaître ces faits et rendre hommage à la personne de Si Kaddour Benghabrit.
Citations extraites du film
« Sauvez un homme menacé et vous aurez sauvé la nation entière. »
Hadith
« Au départ nous avions fondé une association d'aide aux prisonniers Nord africains évadés. Notre association était à la disposition de tous ceux qui étaient persécutés ou pourchassés ou qui devaient se cacher. Nous savions que nous pouvions toujours trouver aide et abri à la mosquée. De nombreuses personnes utilisèrent ce canal, ainsi que des enfants juifs ou non. »
Dr Ahmed Somia
« Car il y eut un temps où les enfants étaient en danger de mort parce qu'ils étaient juifs. »
Baya Azzi
« A la mosquée il n’y avait pas de limite à l’hébergement (1732 personnes au total de 40 à 44 n’y étaient pas toutes ensemble au même moment, les adultes dans les sous-sol, les enfants au dessus). »
Albert Assouline













