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21 avril 1939 : promulgation du décret-loi Marchandeau

Une du Droit de Vivre (Le journal antiraciste de la Licra, édité depuis 1932) – 25 mars 1939 – n°143

33 ans avant la loi Pleven, qui sanctionne le délit « d’incitation à la haine raciale », Paul Marchandeau, alors Garde des Sceaux, préside à l’élaboration et à l’adoption de la première loi « antiraciste » française.

Au cours des années 30, la parole raciste et antisémite s’est libérée dans le pays. La presse d’extrême-droite se déchaîne. « Je suis partout » trempe chaque semaine sa plume dans un antisémitisme intégral. Les ennemis de la liberté profitent alors de celle offerte par la loi de 1881 sur la presse. La LICA, ancêtre de la LICRA, a réclamé dès sa fondation l’avènement d’une législation interdisant l’expression de la haine raciale.

Le 25 mars 1939, Bernard Lecache exhorte paul Marchandeau en ces termes : « Osez, M. le Garde des Sceaux ! Toute la France vous suivra ! »Le gouvernement Daladier décide de légiférer et donne naissance au décret-loi Marchandeau qui dispose :
« La poursuite pourra être exercée d’office par le ministère public, lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants. »

Vichy aura tôt fait d’en abroger les dispositions dès le 16 août 1940.

Aujourd’hui, les lois antiracistes demeurent la cible de l’extrême-droite. Si Marine Le Pen ne réclame plus ouvertement – comme son père ou comme elle le faisait encore jusqu’en 2012 – l’abrogation de la loi Pléven et de la loi Gayssot, elle revendique de garantir « la liberté d’expression », comme si celle-ci était menacée d’une quelconque manière ! Personne ne doit être dupe de la politique qui serait celle de Marine Le Pen dans ce domaine.

Il faut être certain aussi que l’abrogation des lois antiracistes ferait d’autres heureux : ce serait offrir à l’islam politique une occasion supplémentaire de déverser sa haine raciste et antisémite sur internet et de recruter encore davantage.

Le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions. Ce sont des délits.