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21 février 1944 : le Groupe Manouchian, mort pour la France

Le 21 février 1944, 23 hommes du Groupe Manouchian sont exécutés par les Nazis dans la clairière de la forteresse du Mont-Valérien. Les plus jeunes avaient 18 ans. Ils étaient espagnols, roumains, italiens, hongrois, polonais, arméniens, français. Beaucoup d’entre eux étaient juifs. Une affiche, devenue célèbre sous le nom d’Affiche Rouge, avait annoncé le drame dans toute la France, la propagande hitlérienne ayant voulu discréditer la Résistance au motif que ces noms et ces visages « pas très français » étaient susceptibles de créer de l’antipathie parmi la population. Ce fut l’inverse qui fut produit, faisant d’eux des martyrs et des modèles.

Le leader de ce groupe s’appelait Missak Manouchian. Il était arménien. Il s’était réfugié en France après le génocide perpétré par les troupes ottomanes et qui l’avait fait orphelin, en 1915, alors qu’il n’avait que 9 ans. Pour lui et ses camarades, la France n’était pas seulement un havre mais une idée, une belle idée pour laquelle ils sont morts. Pour eux, la France était même un idéal, le pays des Lumières et de 1789, le pays qui fait la guerre aux ennemis de la Liberté.

Au matin du 21 février 1944, dans une cellule de la prison de Fresnes, Missak Manouchian prend une dernière fois la plume. Il écrit ses derniers mots à Mélinée, son épouse :

« Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… »

Que ceux qui aujourd’hui font campagne contre l’accueil des réfugiés dans notre pays mesurent combien ils tournent le dos à notre Histoire et renient ce que nous sommes.

Missak Manouchian et ses amis, pour l’éternité, sont le visage de la France.