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22 juin 1950 : Le « Population Registration Act », naissance de l’Apartheid

Le 22 juin 1950, le gouvernement sud-africain du Parti National unifié, dirigé par Daniel François Malan et allié au Parti Afrikaner, promulgue « Loi de classification de la population ». Cette loi, qui institutionnalise la classification raciale pour chaque habitant du pays âgé de plus de 16 ans, finalise le programme d’Apartheid qui avait été initié par le « Group Areas Act » (Loi d’habitation séparée) du 27 avril 1950.

Désormais, chaque habitant du pays doit être classé et enregistré en fonction de ses caractéristiques raciales, exauçant le voeu formulé par le Premier ministre lors de sa victoire lors des élections de 1948 : « Aujourd’hui l’Afrique du Sud nous appartient une fois de plus… Que Dieu nous accorde qu’elle soit toujours nôtre. » 

Seulement quatre années à peine après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, un pays organise un racisme d’Etat, reposant sur l’idéologie suprémaciste, celle de la prétendue « supériorité de la race blanche ». 

Entre le 22 juin 1950 et le 30 juin 1991, l’Afrique du Sud a été un pays raciste, non seulement dans sa société mais dans sa loi. La discrimination y était légale. Il faudra attendre la libération de Nelson Mandela pour mettre fin à cette politique de soumission des Noirs d’Afrique du Sud. 

La LICA, ancêtre de la LICRA, s’est mobilisée très tôt contre les lois ségrégationnistes sud-africaines en organisant, en France, des actions de sensibilisation de l’opinion et des dirigeants, notamment lors des troubles qui traversèrent le pays en 1960 lors du massacre de Sharpeville qui fit 69 morts parmi les populations noires. Le 21 avril 1960, un mois après le drame, Bernard Lecache organise une manifestation devant l’Ambassade d’Afrique du Sud pour remettre aux autorités du pays la motion suivante : 

« La Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antlsémitsme (L.I.C.A.), au nom de ses dizaines de milliers d’adhérents, tant en France que dans tous les Etats de la Communauté, tient à signifier au Gouvernement de l’Union Sud-Africaine sa profonde émotion devant les douloureux événements qui viennent de se dérouler dans votre pays. Soucieux avant tout du respect de la dignité humaine et du droit de vivre pour tous, la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (L.I.C.A.) proteste contre les effusions de sang dont furent victimes de nombreux hommes de couleur, contre le parquage des noirs dans des « réserves », contre les arrestations massives et injustifiées à Johannesburg, Le Cap, Durban, Port-Elisabeth. Sharpeville, Langa, Nyanga, contre les« laissez-passer » obligatoires pour les noirs et contre toutes les manifestations officielles de la ségrégation raciale. La Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (L.I.C.A.) espère que le Gouvernement de l’Union Sud-Africaine tiendra compte de cette protestation et que la paix interraciale succédera à l’Intolérance, l’injustice et l’oppression dans tout le territoire de l’Union ». 

Si l’Apartheid a aujourd’hui disparu dans les lois, certains tentent de l’imposer dans les esprits, en France, en 2017. L’idéologie « décoloniale » qui applaudit à l’organisation de camps d’été ou de festivals réservés aux « racisés » participe de ce retour de la « race » et de l’essentialisation qui a si longtemps empoisonné les relations entre les Hommes. Prétendument antiracistes, ils reproduisent les mêmes schémas ségrégationnistes : les Blancs d’un côté, les Noirs de l’autre. La classification « racisée » véhiculée » par ces groupuscules est la même que celle qui a prévalu en Afrique du Sud durant 40 ans. 

 

Celle-ci se basait par exemple sur – l’ascendance -. Un enfant né de père « blanc » et de mère « noire » était classé par la condition considérée comme la moins avantageuse pour lui. Métis, il était « noir » aux yeux de son Etat. Avant d’être citoyen, il était l’expression de sa « race ». 

Lutter le racisme aujourd’hui, c’est aussi combattre la résurgence de mots et de pratiques véhiculés par des pseudos-antiracistes et hostiles à l’universalisme et à l’unité biologique du genre humain.