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6 février 1934 : L’extrême droite tente de renverser la République

Le 6 février 1934, l’extrême-droite a tenté de renverser la République en marchant sur l’Assemblée Nationale. 83 ans après, cet épisode pourrait appartenir aux aléas de l’Histoire si de nombreux ingrédients n’étaient aujourd’hui réunis pour accréditer le risque d’un 6 février démocratique lors des prochaines élections présidentielles et législatives.

Comme en 1934, notre pays renoue avec un antiparlementarisme que les affaires récentes auront du mal à faire reculer. Le Front National, même s’il n’est pas exempt des manquements à la probité qu’il reproche à ses adversaires, profite à plein de cette suspicion généralisée à l’égard du personnel politique, érigé en « système » qu’il faudrait abattre.

A l’instar de l’affaire Stavisky instrumentalisée par les ligues d’extrême-droite pour tenter de renverser la République, l’affaire « Pénélope Fillon » risque fort de servir de puissant fortifiant à Marine Le Pen dans les urnes du printemps prochain.

Comme en 1934, les forces républicaines ont perdu pied, regardant impuissantes la progression des extrémistes sans pouvoir l’arrêter. Un fatalisme délétère conduit à se résigner à ce que le Front National sera en tête au soir du premier tour de l’élection présidentielle et entrera en masse dans la prochaine Assemblée Nationale.

Contrairement aux ligues fascistes dont elle est l’héritière idéologique, l’extrême-droite française s’est résolue à ne plus vouloir prendre le pouvoir par la force mais par la voie démocratique.

De cela nous devons être conscients et prendre la mesure. Et comme en 1934, nous lever pour renvoyer les extrémismes identitaires à l’état de minorité dont ils n’auraient jamais dû sortir.