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8 février 1962 : massacre du métro Charonne

Au début de l’année 1962, l’Organisation de l’Armée Secrète, pro-Algérie française, multiplie les attentats terroristes dans Paris. Le 26 janvier 1962, la LICRA, la SFIO et le Parti Radical constituent un « Comité national d’action contre l’OAS et pour une paix négociée ».

Le 7 février, une vague d’explosion vise les domiciles de Roger Pinto et de Georges Vedel, professeurs de droit, Serge Bromberger, journaliste au Figaro, Vladimir Pozner, écrivain et journaliste, le sénateur communiste Raymond Guyot, et André Malraux, ministre du général de Gaulle. Plusieurs blessés graves sont à déplorer.

Le 8 février, un collectif de plusieurs syndicats et associations, considérant que « la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action » appelle à manifester contre la violence de l’OAS.

Malgré l’interdiction de la manifestation par le préfet de police de Paris, Maurice Papon, les cortèges se forment vers 18 heures. Au niveau du 200 boulevard Voltaire, la police charge violemment. Les manifestants tentent de s’enfuir en direction de la station de Métro Charonne. Les policiers jettent des grilles d’arbres et d’aération de métro contre les manifestants réfugiés dans l’accès du Métro. Le bilan est lourd. 9 morts. Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur, Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire, Daniel Féry, 16 ans, apprenti, Anne-Claude Godeau, 24 ans, employée PTT, Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier, Suzanne Martorell, 36 ans, employée à L’Humanité, Hippolyte Pina, 58 ans, maçon, Raymond Wintgens, 44 ans, typographe et Maurice Pochard, 48 ans ont perdu la vie le 8 février 1962.

Ce jour là, la police de Maurice Papon a commis un crime et manqué gravement aux valeurs de la République qu’elle était censée garantir.

Le massacre de Charonne est la preuve que la confiance que nous devons avoir dans nos forces de l’ordre tient à l’application stricte et permanente de l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. ».