
Le rapport Obin enfin publié par Pascal Croci
Réalisé, à la demande du ministère de l’éducation nationale, au printemps 2004 par l’inspecteur général Jean Pierre Obin et une équipe d’inspecteurs, le fameux « rapport Obin » qui dressait un état des lieux des infractions à la laïcité dans les collèges et lycées, est enfin accessible au grand public.
Et ce, grâce à l’initiative des éditions Max Milo qui ont décidé de publier ce texte dans le cadre d’un livre collectif L’école face à l’obscurantisme religieux, à paraître le 22 septembre en librairie.
Ceux que passionnent les questions de l’école pourront juger sur pièce. D’une soixantaine de pages, le rapport Obin, conçu à partir d’une enquête de terrain dans toute la France, notamment auprès des personnels éducatifs, met en évidence des phénomènes graves dont nul département n’est exempt aujourd’hui : banalisation des insultes racistes, violences à l’endroit des filles, pressions de groupes militants se réclamant de l’Islam sur les enseignants, sans oublier un antijudaïsme plus ou moins latent, ou violent.
Disponible sur le site Internet de l’Éducation nationale, ce rapport est longtemps passé inaperçu du grand public, bien qu’en diverses occasions des hommes politiques et quelques journalistes, au demeurant peu nombreux, aient été amenés à le citer
Pour lui donner le retentissement qu’il mérite, les éditions Max Milo et Alain Seksig ont sollicité des personnalités de sensibilité et de compétence diverses, mais tous engagés dans le débat public et qui ont parfois découvert ce rapport avec effarement. En tout ce sont 20 auteurs, sociologues, universitaires et experts de l’éducation nationale, dont Alain Seksig lui-même, qui commentent ce texte à l’aune de l’actuel débat sur le communautarisme.
Parmi les principaux signataires, signalons la participation de Dominique Schnapper, membre du Conseil constitutionnel, de militants laïcs comme Patrick Kessel, d’intellectuels engagés à gauche comme le romancier Thierry Jonquet, ou encore de spécialistes de l’Islam comme Galeb Bencheikh.
On trouve aussi les points de vue de la sociologue démographe Michèle Tribalat, celui du philosophe Paul Thibaud, ou encore de Jean Claude Brighelli, l’auteur de La fabrique du crétin.
Tous saluent l’initiative de cette publication et s’étonnent de l’étrange discrétion qui a entouré un rapport aussi inquiétant. Tous, à des degrés divers, insistent sur la nécessité d’une large mobilisation contre la banalisation de la violence et du racisme à l’école. Que le débat, si longtemps occulté, puisse avoir lieu, enfin, sur un sujet aussi crucial que celui de l’avenir de l’école républicaine ! _
Paul François Paoli
Editions Max Milo
Collection Débat