
La commission Education de la LICRA tient à exprimer son indignation devant les faits qui se sont déroulés lors d’un voyage scolaire sur le site d’Auschwitz-Birkenau le mercredi 24 novembre 2004.
Des élèves (dont certains sont majeurs) du lycée Jean Jaurès de Montreuil (93) y ont eu un comportement inadmissible et des propos infamants ont été tenus. Ils ont non seulement outragé la mémoire des disparus mais également l’institution scolaire qui espérait faire de cette visite un moment éducatif fort.
Des sanctions ont été infligées aux élèves incriminés. Leurs constants dénis de la dimension antijuive de leurs actes semblent cependant avoir été admis par la direction du lycée. Celle-ci s’est en effet refusée à attribuer un caractère antisémite à ces comportements jugés plutôt comme des perturbations scolaires. Une telle attitude laisse à penser que les directives et les instructions de fermeté du Ministère de l’Education nationale, reprises par les plus hautes autorités de l’Etat, (voir circulaire n°2004-163 du 13/09/2004) ne sont pas entendues par certains de ses agents.
Ces faits et leurs traitements indiquent également qu’il y a lieu de s’interroger sur les limites des voyages scolaires sur le site d’Auschwitz-Birkenau. Au nom d’un « devoir de mémoire » devenu parfois incantatoire, des élèves de plus en plus jeunes et mal préparés sont conduits sur ces lieux qui exigent de chacun une phase importante de préparation tant intellectuelle que psychologique. Si l’éducation à la paix et à la tolérance est une noble cause, elle ne doit pas être l’occasion d’instrumentaliser l’histoire pour transformer un fait majeur de l’histoire humaine en symbole creux. Sans mettre en cause les intentions de leurs organisateurs, nous sommes aujourd’hui en droit de craindre que de tels voyages soient contre-productifs puisqu’à plusieurs reprises, déjà, des faits de même nature nous ont été signalés. On peut enseigner l’histoire de la Shoah sans obligatoirement entraîner des élèves encore fragiles et immatures dans cette confrontation avec l’horreur dont ne résulte finalement parfois qu’une regrettable confusion. Devant le désordre idéologique et sémantique régnant, nous devons tous être vigilants et protéger les jeunes élèves d’amalgames destructeurs au nom même des droits de l’Homme.
Contactée par nos soins, la direction de l’établissement n’a pas souhaité s’entretenir avec nous sur ce sujet. Nous ne pouvons que le regretter.
Informations : 01.45.08.08.08.