
Le 5 juillet, l'International Football Association Board (IFAB) a autorisé le port du voile par les joueuses dans les compétitions de la Fédération internationale de football (Fifa). Selon l'instance internationale, cette décision doit permettre la pratique du football par toutes les femmes, ce qui n'était jusque-là pas le cas en raison de restrictions religieuses. Elle donne néanmoins raison aux Etats qui jusqu'ici, empêchaient les femmes de pratiquer sans être couvertes de la tête aux pieds.
Cette mesure apparaît d'ailleurs contraire aux règles du mouvement sportif, qui interdit toute manifestation d'ordre politique, commercial ou religieux dans les stades. La Fifa tente de justifier sa décision en affirmant considérer le port du hijab comme « un signe culturel et non religieux».
Défendre le point de vue républicain français s'avère difficile. Lorsque la Licra a signifié aux autres membres du réseau FARE (Football Against Racism in Europe) qu'elle trouvait que l'adoption de cette mesure serait un mauvais signe pour la condition féminine et mal acceptée en France, elle s'est vue isolée, voire agressée.
Elle a néanmoins réaffirmé sa position à l'UEFA, comme aux instances nationales, notamment auprès de la Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education Populaire et de la Vie associative. Il ne s'agit pas d'être dogmatique. Il s'agit de défendre l'émancipation des femmes, notamment par le sport.
Dès le jour suivant l'annonce de la décision de la Fifa, à laquelle elle est pourtant soumise, la Fédération française de football (FFF) a adopté une position contraire en interdisant le port du voile à ses propres licenciées.
Cette mesure semble difficilement applicable.
Plus que jamais, en France, comme ailleurs, la défense de la condition féminine est en jeu. Et la Licra rappelle que cela doit passer par une représentation des femmes dans les instances (cf sa proposition à ce sujet dans les 50 propositions de la Licra pour une France plus fraternelle).