C’est la deuxième fois que la Lituanie organise le Championnat Européen de basket, déjà, en 1939, elle fut la capitale européenne du basket… mais aussi de la haine.

La grande salle où eut lieu le match de basket-ball, lorsque l’équipe nationale de Lituanie gagna la première place aux championnats européens de 1939, est dépeinte avec une certaine vanité dans la revue américaine « Pasaulio Lietuvis » (Chicago - USA) n° (178-179) d’août-septembre 1984, p. 48, qui décrit cette victoire :
« Beaucoup de choses ont été dites, beaucoup de choses inoubliables, concernant cette victoire dont les Lituaniens se souviennent encore. Ce moment où, dans la salle de sports de Kaunas, près de 12 000 spectateurs montèrent sur leurs sièges pour célébrer cette victoire dans un vacarme assourdissant… ».
Dans les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, les voyous lituaniens qui se disaient eux-mêmes « partisans », arrêtèrent des milliers de Juifs dans les rues de la ville et les enfermèrent au Septième Fort, près de Kaunas. J. Gar fait le récit ci-après dans son livre « Umkum fun der Yiddisher Kovne” » (La destruction du Kaunas Juif) p. 42:
« À cette époque, un match de basket-ball eut lieu à Kaunas entre une équipe allemande et une équipe lituanienne.
Comme les Lituaniens excellaient à ce sport et qu’ils avaient même été champions d’Europe à une époque, ils remportèrent également la victoire ce jour-là. Comme “prix” de leur victoire, chacun des joueurs fut autorisé à fusiller dix Juifs parmi ceux qui étaient emprisonnés au Septième Fort. »
Itzchak Nementchik, l’un des rares hommes qui sortirent vivants du Septième Fort, raconte dans l’édition n° 7, p. 67, de la revue « Fun Letzten Churbn » (De la dernière destruction) :
« Dans la soirée du 6 juillet, une équipe de joueurs de basket-ball lituaniens, célèbres dans tous les États Baltes, arriva au fort. Chacun des joueurs tenait un fusil. En entrant sur le terrain, ils rencontrèrent quatre d’entre nous. Ils nous alignèrent et commencèrent à nous frapper. Nous clamions de toutes nos forces que nous étions là sur les ordres du commandant. Ils nous poussèrent alors sur le côté avec la crosse de leurs fusils. Dans l’obscurité, nous nous aperçûmes qu’ils avaient pris trente hommes parmi la foule et qu’ils les conduisaient à toute allure en haut de la colline. »
Au bout de quelques minutes, nous entendîmes le bruit sourd de leurs coups de fusils, un bruit qui nous était familier. Les champions de la Baltique, les héros lituaniens du basket-ball, renouvelaient leur action « sportive ». Leur soif de sang juif apaisée, ils quittèrent le fort en chantant ». Les Lituaniens du monde entier, et plus particulièrement les sportifs lituaniens, doivent savoir que l’effusion du sang innocent des Juifs du Septième Fort ne sera jamais oubliée ni pardonnée.
Extrait de Courage dans la tourmente en Lituanie
(Traduction du livre d’Alex Faitelson : Heroism & Bravery in Lithuania) 1941-1945