
Dans le cadre de l'élection présidentielle 2012, le bureau lyonnais de l'AFP a interrogé diverses personnalités pour connaître leurs attentes vis-à-vis du futur chef de l'Etat.
Alain Jakubowicz, avocat lyonnais et président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), appelle à une restauration du rôle de chef de l'Etat comme "autorité morale de référence" détachée des "humeurs de la société", "pater familias" qui montre la voie.
AFP Lyon: Qu'attendez-vous du président après son élection?
Alain Jakubowicz: "Qu'il montre la voie plutôt que de suivre les humeurs de la société et du peuple français. Je considère que les hommes politiques ont trop tendance à raisonner en fonction de ce qu'ils pensent être la voix du peuple alors qu'on les élit pour qu'ils agissent, pas pour entendre ce que l'on a envie
d'entendre... Il faut qu'il aille au bout de ce qu'il annonce pour être respecté. L'Histoire a souvent montré que la société s'accorde ensuite à dire que c'était une bonne décision, par exemple lorsque François Mitterrand a aboli la peine de mort en 1981 contre l'avis de certains élus et d'une partie
de la population".
AFP Lyon: Que devra-t-il faire en premier?
A. J. : "Faire ce qu'il a dit pendant sa campagne, ça se serait nouveau. Ensuite, il devra rassurer les rançais et plus largement les gens qui vivent sur le territoire français, ainsi que les partenaires européens et mondiaux. Il doit apporter l'apaisement et le faire en +pater familias+. Il faut redonner au président de la hauteur. Il n'est pas simplement un élu, c'est une autorité morale de référence et il est important de restaurer cela".
AFP Lyon: Ce qu'il ne devra surtout pas faire?
A. J. : "Cliver. Il ne devra pas être le président de certains Français contre d'autres, pas un homme d'appareil ou d'idéologie. Il ne doit pas remercier les gens qui lui ont permis soit de rester au pouvoir, soit de le prendre, autrement que par la parole. Tout ceux qui entrent dans le monde politique doivent y venir par leurs compétences".
Propos recueillis par Jessica Lopez-Escure de l'AFP.