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Racisme: la Licra veut briser les tabous

publié le 03/02/2012

Tandis que les étrangers sont de plus en plus souvent montrés du doigt, la Ligue contre le racisme renforce le dialogue avec les forces de l’ordre.

Le racisme n'est pas une opinion. C'est un délit : tel est le slogan que l'on peut lire sur un petit dépliant de trois pages qui est actuellement distribué dans tous les postes de police et les gendarmeries d'Indre-et-Loire. Ce document est le premier aboutissement concret d'une convention signée il y a quelques mois entre la préfecture, la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme. Cette convention départementale s'inscrit elle-même dans le cadre d'un partenariat national entre la Licra et le ministère de l'Intérieur.

 
« Depuis la disparition de la commission pour la promotion de l'égalité des chances et la citoyenneté (Copec), nous n'avons plus de lieu d'échanges avec les forces de sécurité. « Il faut resserrer les liens et réduire les suspicions qui peuvent exister de part et d'autre. Quand on parle de racisme et d'antisémitisme, la peur est souvent là. Bien souvent, les victimes n'osent pas porter plainte. Il faut briser les tabous », explique Martine Strohl, présidente de la Licra en Indre-et-Loire.
" Les gens n'osent pas porter plainte "
 
La convention qui a été signée en septembre 2010 prévoit plusieurs formes d'actions. A travers le dépliant actuellement diffusé dans les commissariats et les gendarmeries, il s'agit tout d'abord de guider des victimes d'injures racistes ou antisémites dans leurs démarches de plaignants. Parallèlement, une plate-forme téléphonique d'assistance juridique a été ouverte au niveau national. On peut la contacter au 01.45.08.08.08. L'accord de partenariat prévoit aussi un échange d'informations et des actions de sensibilisation auprès des forces de l'ordre. Des bénévoles de la Licra seront ainsi appelés à intervenir lors de la formation des agents de police, des gendarmes ou des adjoints de sécurité. « Cette sensibilisation est importante parce que l'on n'est pas vraiment en terrain de connaissances. Il est aussi important pour nous de connaître les contraintes des forces de l'ordre », note Martine Strohl. A un moment où la politique du gouvernement vis-à-vis des étrangers fait souvent débat, la démarche de la Licra prend un relief tout particulier.
 
Plus d'infos sur www.licra.org.
Plateforme d'assistance juridique au 01.45.08.08.08 (prix d'un appel local), du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h. juridique@licra.org
 
Source : La Nouvelle République - 03-02-12