Jouer ensemble pour « vivre ensemble », retour sur deux jours à Fresnes

Jouer ensemble pour vivre ensemble
De gauche à droite : Mamadou, 21 ans, David-Olivier Kaminski et Daouda Ba, de la Licra de Beauvais. Crédits photo © LP/ A.-L. A.
Deux jours avec les détenus de la prison de Fresnes sur le thème du « vivre ensemble » : un grand moment de fraternité !

La fédération de Paris de la Licra  organisait les mardi 5 et mercredi 6 janvier  « Les journées du vivre ensemble » au centre pénitentiaire de Fresnes sous l’égide du Ministère de la justice et de l’Administration pénitentiaire. Au programme : matchs de foot et débat. Un grand moment pour chaque participant, détenus et membres de la Licra. 

« Nous avons vécu de grands moments de fraternité lors de ces deux journées du « vivre ensemble » réalisées à la maison d’arrêt de Fresnes », se félicitait le président de la fédération de Paris, David-Olivier Kaminski.

La journée du mardi 5 janvier était organisée autour de la thématique : « Jouer ensemble pour vivre ensemble ». La fédération de Paris a constitué deux équipes de football : la première avec de jeunes avocats,  la seconde avec le soutien de la Licra de Picardie qui représentait les jeunes des quartiers de Beauvais. « Ces équipes de foot Licra étaient à l’image de la société. Elles ont disputé des matchs contre des équipes de détenus. Sur le terrain régnait un grand fair-play, de la camaraderie et en même temps l’envie de gagner… A côté du terrain, discussions, échanges, mutualisation de nos valeurs communes. »

© Virginie Clavières - Paris Match
© Virginie Clavières – Paris Match

Pour David-Olivier Kaminski, « c’était un grand moment qui s’est déroulé dans un climat où nous nous comportions tous comme des frères pour construire de manière pragmatique « le vivre ensemble ». »

« Le lendemain fut consacré à un magnifique débat pour lequel j’ai fait appel à mon ami Antoine Spire, le  rédacteur en chef du Droit de Vivre, qui a su avec des mots choisis, poser les expressions fortes qui ont poussées à la réflexion les détenus », s’est réjoui le président de la fédération de Paris.

« Ce débat fut d’une belle intensité avec un parler vrai, cru et en même temps hyper- réaliste. J’ai été ému de voir des détenus debout s’ériger en défenseur de nos valeurs communes contre ce nouveau racisme qu’est le terrorisme radical. Nous avons aussi beaucoup appris de ces échanges. Ces journées du vivre ensemble sont à reconduire. Elles signent une action de terrain novatrice et inédite en France de la Licra. »

Après le sport, débattons du Vivre ensemble
© Virginie Clavières - Paris Match
© Virginie Clavières – Paris Match

Mercredi, près de 70 détenus ont débattu autour du vivre ensemble avec Antoine Spire et David Olivier Kaminski.

Antoine Spire revient pour nous sur cette journée de débat :

Comment les événements de Janvier 2015 ont ils permis à la Licra d’obtenir que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme soit déclarée Grande Cause Nationale? Comment la lutte contre la radicalisation islamique s’est pensée après janvier 2015?
Telles sont les questions qui ont ouvert la discussion avant qu’on ne revienne sur l’obsession des origines et l’ethnicisation des rapports sociaux.
La radicalisation ne touche pas que les musulmans mais elle a pris chez certains d’entre eux la figure du crime. Le fait que des assassins se réclament de l’islam suppose que les musulmans débattent à fond de l’interprétation du Coran par les uns et par les autres. « Comment l’islam peut-il se vivre dans un contexte laïc? », se demande un détenu.
La conclusion revint à un homme qui a écopé de 20 ans de réclusion et qui s’écria : « Merci à la Licra d’être venue ici pour réfléchir avec nous ! Personne d’autre n’avait proposé une telle rencontre ».

Antoine Spire

 

 

« La menace djihadiste », lire le reportage de Paris Match

« Le Vivre ensemble, on veut y croire » déclarait un détenu au micro de France Info (écouter le reportage de Stéphane Pair pour France Info)

« Fresnes : six jeunes jouent avec des détenus », lire l’article du Parisien.

« Fresnes : les détenus ne veulent pas être associés aux extrémistes », lire l’article du Parisien.

Comment lutter contre le phénomène de radicalisation en prison ? Le centre pénitencier de Fresnes est un établissement pilote, où 27 personnes vivent à l’écart des autres, pour éviter les pressions. Un an après les attentats de janvier, deux mois après ceux de novembre, la LICRA a passé les murs de la prison pour discuter avec les détenus. Voir le reportage d’ITélé