Justice pour les Tutsis

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Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994. Au Rwanda, la Radio Mille Collines appelle en langage codé les Hutus à « abattre les grands arbres » : c’est le signal annonciateur du génocide des Tutsis. En 100 jours, entre le 7 avril et le 4 juillet 1994, près d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants ont été tués au Rwanda, un pays de 7 millions d’habitants.

REUTERS/Corinne Dufka

La justice pénale internationale est passée et dès décembre 1994, elle a fait son oeuvre pour que les responsables de ce crime contre l’Humanité soient identifiés, arrêtés, jugés et condamnés.

Depuis plus de vingt ans, des associations, des chercheurs, des témoins réclament que la France s’explique sur ce qu’elle a fait au Rwanda, qu’elle lève le secret défense et rende publics tous les documents diplomatiques, militaires, politiques et financiers se rapportant à l’action de notre pays entre 1990 à 1994 dans la région des grands lacs. Ce silence entretient un doute qu’il faut aujourd’hui lever.

Nous avons en France une expérience particulière du crime contre l’Humanité. Depuis Vichy, nous savons que le silence conduit toujours à nier la souffrance des victimes et que l’absence de réponse génère de la douleur, du ressentiment et de la colère. Nous savons aussi que la manifestation de la vérité libère et apaise. Une fois la justice passée, une fois l’Histoire établie, chacun peut espérer construire une mémoire de paix et de réconciliation.

Le Président de la République a l’opportunité de libérer notre pays du poids de ce fardeau et de faire toute la lumière sur le génocide des Tutsis de 1994.

A l’instar du cardinal Decourtray dans l’Affaire Touvier, le courage, l’honneur et la défense de nos valeurs universelles devraient lui commander d’ouvrir les portes et les fenêtres de l’Assemblée Nationale, du Quai d’Orsay, du Ministère de la Défense et de l’Elysée. Il le doit à la mémoire des victimes et à la nécessité historique d’être fidèle à nos idéaux républicains. Cette question touche à la fois à l’honneur de la France et à la considération que nous devons aux victimes des crimes contre l’Humanité.

 


 

La commémoration du 7 avril

Samedi 7 avril 14h au parc de Choisy, cérémonie commémorative du génocide des Tutsis du Rwanda (qui se déroula du 6 avril 1994 au soir, à l’occasion de l’attentat contre l’avion transportant notamment le président Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, président du Burundi, jusque début juillet 1994) faisant plus de 1 million de morts en 100 jours.
Prirent la parole une représentante des élèves du lycée Charlemagne, qui avaient fait un travail en amont sur le génocide, une survivante qui raconta son calvaire, Marcel Kabanda comme président d’Ibuka France, Jacques Kabalé comme ambassadeur du Rwanda en France, Madame Hidalgo comme maire de Paris.
Toutes ces prises de parole ont été intéressantes et fortes. Un public relativement fourni était présent où on reconnaissait des gens très investis dans la question de la mémoire du génocide : parmi lesquels quelques militants de la Licra (une petite dizaine, dont Gil Loeb, Rachel Lindon et Alain David comme membres du BE et de la commission Mémoire Histoire et Droits de l’Homme) Marcel Kabanda déjà cité, Liliane Rosenberg de Paris membre de MHDH, ainsi que Ursula Sarrazin.

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