La haine déguisée

Le 25 avril 2017, alertée par plusieurs internautes, la LICRA a découvert que le site Rue du Commerce, pour le compte de la société Happy Fête, avait mis en vente des déguisements « d’enfants déportés » munis d’un « badge d’identification ».

À bien des égards, ces déguisements n’avait en effet rien de « festif » et évoquaient clairement la déportation. La LICRA a immédiatement interpellé Rue du Commerce et le vendeur Happy Fête pour leur demander le retrait immédiat de cette annonce ainsi que des explications. À la suite de notre requête, tous deux ont présenté des excuses publiques. Rue du Commerce a en outre précisé qu’il mettrait en place une procédure d’audit pour la mise en ligne de ses annonces afin qu’un tel incident ne puisse désormais plus se reproduire.

Happy Fête de son côté a retiré ces produits de son catalogue. Joint par Alain Jakubowicz par téléphone, le responsable du site s’est expliqué en prétextant une erreur de traduction. Visiblement de bonne foi, il ne semblait pas avoir mis cet article en vente avec l’intention de nuire. Pour autant, cette affaire montre que certains de nos compatriotes ont perdu le sens des mots, des symboles et que les repères – culturels et historiques – nous manquent aujourd’hui cruellement.

Mettre en vente un costume d’enfant déporté, prétexter d’une erreur de traduction sans s’apercevoir, avant que l’émotion ne monte, que cela pose un problème doit nous inviter à redoubler du travail d’éducation, de culture, de transmission qui sont les seuls outils dont nous disposons pour combattre la haine et son apologie, fût-elle involontaire.

Mario Stasi, premier vice-président de la LICRA, est revenu sur cette affaire sur la chaîne I24news :