La haine n’a pas pris de vacances

Retour sur l’actualité antiraciste estivale 2017

 

Le mois de juillet avait pourtant débuté sur une note d’optimisme. Avec cinq autres associations françaises (SOS Racisme, SOS Homophobie, l’Union des étudiants juifs de France, le MRAP et J’accuse), nous avions décidé de lever les poursuites contre Twitter à la suite de la nette amélioration de leur modération des contenus haineux. Le dernier testing avait obtenu 75% de retrait de contenus signalés dans les 24 heures. Lorsqu’un an seulement auparavant, il fallait se contenter de 4%.

 

Il ne faut toutefois jamais crier victoire avec empressement et toujours maintenir sa vigilance.

Le 19 juillet, par l’intermédiaire de notre réseau de lanceurs d’alerte, nous avons pris connaissance d’un tweet qui attaquait la mixité du couple d’Hélène et Omar Sy, la qualifiant d’abomination. Les efforts de Twitter en matière de vigilance ne doivent ainsi pas faire oublier que le noyau dur de la fachosphère y trouve encore assez de liberté pour cracher sa haine de l’autre. La lutte pour endiguer la diffusion de contenus haineux sur internet (plus de 200.000 quotidiennement) est donc l’affaire de toutes et tous et appelle chacune et chacun à se responsabiliser et se mobiliser.

 

Voici une bien triste croisière sur laquelle on ne devait assurément pas s’amuser.

Le rafiot affrété par Génération identitaire, le C-Star, et son équipage de militants d’extrême droite européens avaient choisi de naviguer en mer Méditerranée afin de repousser les embarcations de migrants vers l’Afrique. C’était sans compter sur la mobilisation des antiracistes : l’accès aux ports grecs, italiens et tunisiens leur fut ainsi refusé.

Dans l’incapacité de se ravitailler, immobilisé six jours au large des côtes tunisiennes, le C-Star lance un SOS. Ironie du sort, c’est le Sea-Eye, un navire spécialisé dans le sauvetage de migrants qui se déroute pour leur porter secours.

 

 

Le mois d’août lui, a d’abord vu l’Amérique s’embraser de nouveau.

Des militants antirascistes s’étaient donné rendez-vous afin de manifester leur opposition à un rassemblement d’extrême droite à Charlotesville, en Virginie. Une voiture conduite par un suprémaciste blanc âgé de 20 ans a foncé dans la foule, fauchant une jeune femme et lui ôtant la vie. Des dizaines de personnes ont aussi été blessées dans les affrontements entre les deux camps.

Faisant suite à un climat déjà délétère et émaillé de nombreux épisodes de tensions communautaires, ce déferlement de violence a ouvert une boîte de Pandore lorsque Donald Trump a tenté de minimiser la gravité de tels rassemblements néo-nazis. Son ambiguïté ne permettra sans aucun doute pas au Etats-Unis de panser les plaies encore béantes laissées par les émeutes de Charlotte (Caroline du Nord) et d’apaiser les tensions qui parcourent la société américaine.

 

L’horreur devenue ordinaire.

Le jeudi 17 août, c’est Barcelone qui est frappé par le terrorisme islamique. Une camionnette conduite par un terroriste de Daesh fonce sur une artère symbolique de la capitale catalane. Bilan : 16 morts et des dizaines de blessés. A l’horreur des attentats s’ajoute aussi le terrible sentiment que nous nous habituons à elle. Résister à un phénomène d’accoutumance est désormais aussi une exigence presque quotidienne.