Attention à la politique de l’Autriche

Capture d’écran 2016-05-27 à 11.39.53Il s’en est fallu d’un cheveu. 31 000 voix ont évité à l’Autriche le déshonneur et la honte de connaître un président d’extrême-droite. L’élection du candidat écologiste, Alexander Van der Bellen, a été laborieuse et ne doit pas masquer la réalité. Dans certains pays du vœux continent, l’extrême-droite est aux portes du pouvoir et marque le retour du nationalisme et de la xénophobie sur la scène politique européenne.

Alors que les formations politiques traditionnelles, comme le parti socialiste autrichien, n’ont pas joué le jeu du Front Républicain contre le candidat d’extrême-droite Norbert Hofer, le sursaut citoyen a permis de contenir de justesse l’avancée de l’extrême-droite en Autriche qui a tout de même progressé de 724 000 voix entre les deux tours.

La campagne qui vient de s’achever en Autriche est un avertissement que toute l’Europe doit entendre et annonce, dans les mois et les années qui viennent, ce que sera désormais le visage de l’extrême-droite présentée aux électeurs. D’ailleurs Marine Le Pen, Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen ne s’y sont pas trompés et ont gratifié leur ami autrichien de tous leurs encouragements.

A Vienne, à Paris ou à Rome, la stratégie est la même. Norbert Hofer a fait reposer sa campagne sur des axes dont on perçoit les corolaires dans notre pays dans la perspective de 2017. Exit les dérapages. Sourire et style courtois sont mis à profit d’une stratégie de communication de dédiabolisation qui a fonctionné. Se présentant comme un candidat du peuple face à une gauche et une droite esseulées par les affaires, il a joué jusqu’au bout la carte « anti-système ». Un sujet favori : la lutte contre « l’invasion des réfugiés », proposant la construction d’un mur pour les contenir en dehors de l’Autriche ou instrumentalisant à qui mieux mieux les événements de Cologne. Le tout baignant dans un irrédentisme autrichien qui, en Europe centrale, fonctionne encore.

Face à lui, le seul candidat qui a tenu un discours de fraternité, notamment sur la question des réfugiés est celui qui, au final a gagné. La droite et la gauche autrichiennes, à avoir trop voulu droitiser leurs discours par suivisme de Hofer, n’ont même pas passé le cap du second tour.