Les enjeux du printemps

Article paru dans le journal le Droit de Vivre n°665 – Février 2017

Antoine Spire / Rédacteur en chef

antoine-spire-licraLa période qui s’ouvre d’ici l’été verra se dérouler deux scrutins décisifs pour le pays. La menace extrémiste est forte avec un Front national devenu le parti dominant qui cache ses pulsions raciste pour retrouver la considération et le succès électoral, mais qui continue à se réclamer d’une xénophobie galopante pour mieux répandre la haine d’une immigration qui demeure une chance de ressourcement pour la France, notre nation. Avec eux au pouvoir, la construction européenne serait menacée et le repli étroit sur la nation serait privilégié. Déjà, les premières semaines de pouvoir de Trump nous montrent les dégâts d’une telle orientation isolationniste.

Alors que l’égalité des chances continue à reculer malgré les efforts consentis par les gouvernements qui se sont succédé jusqu’à présent, on aurait à la tête de l’Etat un gouvernement qui s’accommoderait plus qu’aucun autre de l’injustice sociale. L’extrémisme religieux, notamment islamiste, est un autre fléau qu’il nous faut juguler. Trop nombreux sont les musulmans qui renoncent à se démarquer du dogmatisme religieux. Einstein disait justement que « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». Pour des raisons historiques, l’islam, à la différence du christianisme et du judaïsme, n’a pas entrepris l’indispensable relecture critique qu’appelle l’évolution de la société depuis Mahomet. Les textes sacrés, au lieu de se voir réinterprétés à la lumière du présent, sont répétés avec leur dose de guerre sainte et de droit de mort sur ce qui n’est pas musulman.

Le statut de la femme est la pierre de touche de cette non-évolution. Pour les islamistes, la domination masculine n’a pas besoin d’être affirmée : elle serait évidente. C’est inacceptable ! Mais l’islamisme n’est pas l’islam. Aussi avonsnous à coeur de promouvoir une intégration tolérante mais critique de l’islam, construite autour de la laïcité, en admettant le fait religieux dans la perspective d’un approfondissement ouvrant sur le respect des cultures de tous. Une certaine extrême gauche raciste et antisémite, adepte des théories du complot, pactise avec l’islamisme. Il n’est que de voir ce qui se dit dans la nébuleuse des pseudo-antiracistes dont nous parlions dans le précédent numéro de notre revue. Même si, électoralement, elle est très minoritaire, elle stigmatise un prétendu « racisme d’Etat » qui frapperait sélectivement les plus exploités, et ethnicise largement les combats sociaux.

Ces extrémismes diffusent une idéologie de haine que nous voulons éliminer dans tous les domaines. C’est à un inventaire des politiques de résistance que nous avons procédé dans ce numéro du « Droit de vivre » ! C’est à cette aune que nous jugerons de la pertinence des candidatures aux prochaines élections, dont les principaux enjeux sont rappelés dans cette livraison de notre journal. A l’heure où la xénophobie coule à flots, il nous est apparu indispensable de donner un coup d’arrêt à la surenchère extrémiste et populiste. Au début du mois de septembre 2015, la France avait annoncé l’accueil de 24 000 réfugiés en provenance de Syrie. La comparaison de ce nombre avec celui de notre voisin allemand (400 000) est éloquente jusqu’à nous faire honte.

Où est passée notre image historique de pays d’accueil ? A l’instar de nos convictions morales, la tradition française, gravée dans le marbre de sa Constitution, nous commande d’accueillir les réfugiés, les victimes des guerres et de la barbarie. Nous sommes loin du compte, et légitimes à interroger les responsables politiques sur leur programme en matière de respect du droit d’asile.