Licra Bordeaux : « il est urgent d’agir contre l’antisémitisme »

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Sarah Bromberg, présidente de la Licra Bordeaux Gironde. © Sandrine Valéro

Ce soir, des rassemblements sont prévus partout en France notamment à Bordeaux eoù il y a beaucoup de monde et à Pau. Un appel signé par une vingtaine de partis. La présidente de la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme de Bordeaux-Gironde, Sarah Bromberg  nous répond. 

Comment réagissez-vous à l’agression dont a été victime Alain Finkielkraut ? 

Il y a une recrudescence des actes antisémites et racistes ces dernières semaines et même derniers jours. Il y a urgence absolue à nous mobiliser. Les rassemblements ce soir montrent un front républicain uni qui va au-delà des querelles partisanes. Ce front républicain était attendu depuis longtemps. Il faut le saluer, le soutenir, l’encourager.

Comment expliquez-vous cette recrudescence ? 

Il y a plusieurs sources. L’antisémitisme ne date pas d’aujourd’hui. La Licra a mis en place une exposition dans le cadre de la quinzaine de l’égalité intitulée « l’antisémisme du Moyen-âge à nos jours.  Il y a eu une augmentation de 74 % des actes antisémites en France en 2018. Aujourd’hui en France, l’antisémisme tue encore, tue toujours. Ce n’est pas l’affaire des juifs. C’est l’affaire de tous les Français de la République, de la nation qui est une et indivisible. La nation doit rappeler qu’elle reste et qu’elle restera unie dans la fraternité contre tous les fauteurs de haine. Que les partis politiques prennent conscience de la gravité de la situation est important. Ce sont eux qui peuvent agir.

Quelles mesures préconisez- vous ? 

L’arsenal juridique doit être renforcé, notamment sur les réseaux sociaux. La parole s’y est libérée en raison de l’anonymat et de l’impunité. Il faut contraindre les hébergeurs à retirer tous les messages racistes sous vint-quatre heures et s’ils ne le font pas, qu’ils doivent être condamnés à une amende pécuniaire suffisament importante pour qu’elle soit dissuasive. 
De même, l’auteur de messages racistes doit savoir que le lendemain, il peut être placé en garde à vue.

Il faut également un plan national de lutte contre l’antisémisme. Il faut des moyens supplémentaires. Un élève sur 5 ne connait pas la Shoa en France. La Licra propose des modules de formation. Le plus demandé en ce moment est celui sur les réseaux sociaux à l’épreuve de la haine. Les jeunes passent de trois à six heures par jour sur les réseaux. Maintenant, il faut agir.

Le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions mais des délits.

Entretien réalisé ce 19 février alors que des rassemblements sont annoncés à Agen, Bordeaux, Mont-de-Marsan et Pau.

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