Éducation

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Les actions de la Licra en milieu scolaire bénéficient du soutien de la Ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui a octroyé un agrément de cinq ans à notre association par arrêté ministériel le 16 avril 2015.

L’éducation est une des missions premières de la Licra. C’est en éduquant les jeunes à devenir des citoyens responsables et conscients des dangers du racisme et de l’antisémitisme, en leur enseignant les valeurs républicaines que notre société favorise la mixité sociale et le vivre-ensemble.

La commission est en première ligne sur le terrain. Elle forme et prévient les élèves et permet de déceler les évolutions du racisme et de l’antisémitisme d’aujourd’hui.

Pour réaliser ces objectifs, un réseau de militants, membres de la Commission Éducation, œuvre sur l’ensemble du territoire à la sensibilisation et à la formation d’élèves, d’étudiants mais aussi de nouveaux publics en adaptant leurs interventions aux problématiques actuelles. Afin de permettre le bon fonctionnement de ce réseau, la commission développe des partenariats avec les acteurs institutionnels du monde éducatif. Elle fait le lien entre les grandes orientations développées par la Licra et les actions proposées par les militants en sections.

La présence sur le terrain et les interventions en milieu scolaire

En 2015, plus de 28 000 jeunes ont rencontré un animateur de la Licra. Ces quelques 1 100 interventions touchent en priorité le cycle du collège et du lycée.

Avant chaque intervention, nous rencontrons les enseignants et le personnel afin de ré- pondre à leurs attentes et leur proposons un module dédié à leurs problématiques. Pendant deux heures, nos militants échangent avec une classe d’élèves et leur professeur qui les a préparés à la problématique en amont. Nos objectifs pédagogiques visent à les sensibiliser au racisme et à l’antisémitisme en enrichissant l’argumentaire des jeunes antiracistes, en ébranlant certaines convictions racistes rapportées par les élèves, en provoquant la curiosité des indifférents pour les impliquer dans le débat ; en luttant contre la banalisation des propos et insultes racistes et antisémites, en mettant en garde les jeunes contre les préjugés, les idées préconçues, les théories du complot…

Notre intervention dans les classes est aussi le moment de valoriser le socle républicain en abordant la question de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité, de la solidarité. Nous expliquons que la démocratie est garante de la paix entre les citoyens et favorise le « vivre ensemble », nous parlons de la question de l’identité, de l’exil afin de responsabiliser le citoyen de demain en affûtant son esprit critique pour qu’il se construise ses propres opinions afin de lui permette de trouver en lui les ressources et la force d’agir contre l’indifférence.

Un antisémitisme banal et partagé

Au cours de ses rencontres avec les élèves, la commission Éducation est au plus près du racisme et de l’antisémitisme. Sans que cela soit complètement nouveau, mais d’une façon de plus en plus explicite depuis cette rentrée de septembre 2015, elle constate que les élèves se revendiquent antisémites de façon banale et partagée, alors même que certains se présentent comme antiracistes. Constat que les élèves exprimant leur antisémitisme se montrent hermétiques, inaccessibles à tout ce qu’on peut leur dire de l’ordre de la connaissance historique, du raisonnement, et ce, dans des établissements divers : lycées de banlieues, de zones « rurbaines » ou de centre- ville, trop homogènes au plan des catégories socio-professionnelles et des origines ou pré- sentant une véritable mixité sociales, d’origines, de religions.

La création doutils de travail

Les jeux sont un moyen d’échanger avec les plus petits. A Strasbourg, les militants de la commission Éducation utilisent le jeu « Respecto ». Conçu comme un jeu de l’oie par une association alsacienne, il permet aux enfants (8 à 11 ans et 11 à 13 ans) de jouer les uns avec les autres et non contre les autres. Il interroge et pose des questions sur l’égalité, le droit, le respect…

Par ailleurs, l’utilisation du Jeu de l’Oie, créé voici quatre ans, progresse toujours. Il est utilisé à la fois devant un public scolaire ou en d’autres occasions lors de tournois de futsal.

En revanche, pour répondre à l’antisémitisme, les membres de la commission et les sections de la Licra regrettent le manque d’outils adaptés aux publics scolaires sur l’antisémitisme. Pour une des participantes: « On n’a pas d’outils honnêtes et adaptés pour montrer les relations ancestrales entre Juifs et Arabes. » Une autre évoque un film sur le shtetl qui pourrait permettre de déconstruire le préjugé : « les Juifs sont riches ».

Pour répondre à l’antisémitisme exprimé, la Commission Éducation propose d’utiliser les œuvres de la littérature jeunesse qui peuvent permettre de faire naître de l’empathie chez les enfants et adolescents comme cela a été fait par la section de Paris avec « Identités meurtrières » d’Amin Maalouf. L’ouvrage a permis d’aborder avec les élèves d’origines étrangères le conflit personnel qu’ils peuvent ressentir pour construire leur identité propre.

La conception et le développement de mooc

Un MOOC (Massive Online Opened Course) est une formation en ligne destinée à accompagner et relayer la formation en présenciel. Il peut être suivi par plusieurs centaines voire milliers de personnes en même temps, et différencié selon les publics visés : élèves, formateurs, acteurs sociaux, entreprises, grand public… Un premier MOOC est en cours de développement ; il porte sur les fondamentaux de la Licra, racisme, antisémitisme, laïcité. Maquette et pilote prévus en mars 2016.

Un deuxième est envisagé pour exploiter la production intellectuelle des Journées des Justes.

Le fonctionnement de la commission éducation

Depuis plusieurs réunions, la Commission Éducation fonctionne en trois temps : un entretien formatif sur un thème (par exemple les racines psychologiques du racisme, les racines religieuses, ou encore comment aborder la question de l’islamisme radical) suivi d’une réflexion commune sur un outil et, enfin, sur des problèmes concrets rencontrés par les intervenants lors de leurs interventions.

La réserve citoyenne

À Angers, Châlons-en-Champagne, Strasbourg… Les militants Licra se sont inscrits à titre personnel, comme il est de règle, dans ce dispositif lancé le 12 mai 2015 avec l’idée que leur candidature, si elle était retenue par l’Académie, pouvait ouvrir des portes supplémentaires pour que la Licra puisse développer ses actions à la citoyenneté. À Reims, l’Académie a réuni des « réservistes » en juillet 2015 : une trentaine d’entre eux étaient présents.

À Angers, les militants de la Licra inscrits montent un projet avec le rectorat et la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Consultez le bilan d'activité 2015 de la Commission Education de la Licra Rhône-Alpes.

Président de la Commission : Claude SECROUN