Quelle est la responsabilité des sondeurs ?

Ipsos Brice TeinturierEn matière de statistiques, tout est toujours affaire d’interprétation. A la publication du sondage d’Ipsos dans le Journal du Dimanche le 31 janvier, les chiffres ne nous ont pas choqués. Les chiffres nous les connaissons, ils sont une réalité. Et c’est la raison de notre combat quotidien. Non, ce qui nous a tous choqué, c’est la question : « Vous-même, au cours de l’année, avez-vous personnellement rencontré des problèmes (insultes, agressions…) avec une ou plusieurs personnes issues des groupes suivants : des personnes d’origines maghrébines, des Roms, des personnes de confessions musulmanes, d’origine africaine, de confession catholique, de confession juive, d’origine asiatique ». Au-delà des résultats, comment peut-on connaître la confession d’une personne ? Parce qu’elle « blanche », est-elle nécessairement catholique ? Catholique, pas chrétienne ! Parce qu’elle est typée, est-elle nécessairement d’origine maghrébine ou de confession musulmane ?

La semaine dernière, nous interpellions les producteurs et programmateurs d’émissions de télévision. Cette semaine, nous enjoignons les sondeurs à faire preuve de responsabilité. La diffusion des résultats d’un sondage n’est jamais anodine, elle dirige l’esprit des plus faibles vers des idées extrêmes. Elle parasite l’analyse et provoque la confusion.
Les professionnels de l’information se doivent de ne pas jeter de l’huile sur le feu avec des sondages subjectifs bâtis selon une méthodologie hasardeuse.

Prenons garde à ne pas encourager la haine et attiser la violence à la veille d’une année d’élection présidentielle. Nous en récolterions tous les fruits…avariés.

Relire le dossier « La grande peur des juifs de France » du Journal du Dimanche.
Consulter le sondage Ipsos : « Perception et attentes de la population juive »