Retour en vidéos sur les Journées Des Justes avec la Licra Drôme

Parmi les réalisations de 2015 il y en a une dont nous sommes particulièrement fiers à la Licra : ce sont les Journées des Justes qui eurent lieu les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 novembre dernier.

Pourquoi en être « fiers » ?

D’abord parce que c’était la seconde édition de cette manifestation et qu’il n’est jamais facile de rendre pérenne une opération. Il faut être à la hauteur des attentes, se renouveler, attirer et fidéliser le public : pour toutes ces raisons nous pourrions considérer que les objectifs de ces secondes Journées furent atteints.

Mais il y eut plus : par un terrible hasard de calendrier, nos Journées commencèrent exactement 7 jours après les massacres du 13 novembre qui coûtèrent la vie à 130 de nos concitoyens, assassinés parce que leur mode de vie, le nôtre – libre, festif, convivial, mixte…– est abhorré par l’islam radical. Ces Journées furent en quelque sorte un acte de résistance, une manière de dire qu’à la Licra nous étions debout.

C’est ce qui transparaît dans cette première vidéo qui balaie ces trois Journées où petits et grands, jeunes et moins jeunes, militants, citoyens « concernés », se croisèrent, se parlèrent et confrontèrent sans haine mais avec vivacité et sans abdication leurs points de vue, leurs opinions. C’est cela penser ensemble : s’enrichir des contradictions.

Avec ces nouvelles Journées, avant les attentats du 13 novembre, nous avions voulu inscrire durablement le questionnement des figures des Justes : leur actualité n’en est que plus criante aujourd’hui.

Retour en vidéos sur ces moments riches en réflexion et en échanges.

Pourquoi des Journées des Justes ?

« Sortir de l’individualisme et rencontrer d’autres gens qui ne pensent pas comme nous », « ces Journées furent comme un soulagement », « chaque action compte : on n’est pas impuissant » : ces Journées il fallait les faire, tous en conviennent comme d’une « évidence » !

Transmission de la Mémoire 

En cette période difficile, cette question est au centre de nos débats et « Nous ne pouvons pas faire comme s’il n’y avait pas une antériorité, une histoire, des exemples desquels s’inspirer… : voilà ce que les justes nous disent ! »

Enseigner à être juste, transmettre des valeurs

Peut-être l’ambition la plus haute de l’Education Nationale : accompagner la formation du jugement. La figure des Justes qui prirent des risques pour des gens qu’ils ne connaissaient pas peut et doit être utilisée comme exemple, comme guide…

Obéissance – désobéissance 

Quand est-ce qu’il faut désobéir ?

Quand on risque de se dépouiller de son humanité en respectant la loi, ou quand on risque d’en dépouiller un autre… : pour « rester un homme ». Car la loi n’est pas sacrée : elle doit être au service du bien commun, et si ce n’est pas le cas…

Construire ses propres valeurs, et agir

Pour se construire, il faut être reconnu comme sujet, et il faut apprendre à faire face à une situation qui nous choque, à s’interposer pour permettre à ceux qui n’osent pas le faire de se manifester. « La société ne pourra marcher sur ses deux pattes que lorsque chacun se sentira concerné par l’injure et la discrimination dont l’autre est la cible »

De l’avis de tous les participants, les tables rondes, très suivies, furent d’une haute tenue intellectuelle tout en restant accessible à tous. Militants, intellectuels, chercheurs, représentants associatifs et religieux, politiques s’y étaient donné rendez-vous pour discuter : de l’histoire locale des Justes, car ce sont toujours et avant tout des parcours singuliers qu’il faut retracer pour montrer qu’il est toujours possible de se battre avec les armes de l’esprit et de la solidarité sans lesquelles il n’y a pas de société qui tienne ; du rapport à la loi, qui commanda, pour les « Justes parmi les nations », de désobéir sciemment, parce qu’une loi qui appelle à la déshumanisation des autres ou de soi-même doit être transgressée ; de l’éducation enfin, c’est à dire des conditions nécessaires pour que des gens ordinaires, ce que furent les « Justes », ne se résignent pas à l’impuissance.