Succès des Journées des Justes dans la Drôme

Plus de 180 personnes présentes aux Journées des Justes de Peyrins et de Bourg-de-Péage !

Vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 novembre dernier se sont tenus la seconde édition des Journées des Justes. Au cœur de ces 3 journées une question : « Peut-on apprendre, enseigner, à devenir Juste ? » Question on ne peut plus d’actualité une semaine jour pour jour après les attentats qui ont endeuillé durablement la France et dont nous honorons aujourd’hui les 130 victimes.

Ces Journées, nous les avions voulu, pour inscrire durablement le questionnement des figures des Justes, une autre façon d’aborder la mémoire pour lui donner sens aujourd’hui : nous n’avons pas renoncé à les faire. Un peu plus de 180 personnes s’y sont donné rendez-vous, certains pour la totalité des journées, d’autres pour une soirée, une matinée, une après-midi ou un jour seulement. Certes nous aurions aimé y voir affluer plus de 200 personnes mais nous ne sommes pas peu fiers, dans le contexte des événements – qui ont fait peur à certains – et d’une organisation reposant notamment sur le bénévolat des militants de la Drôme, d’avoir réussi ce deuxième pari : faire mieux que lors de la première édition (159 personnes) et sur 3 jours au lieu de 2, tenir tables rondes, ateliers, projections et visites et assurer, à travers la participation active des jeunes de la Plateforme d’Insertion par l’Humanitaire et la Coopération repas, transports, hébergement et accueil pour tous ! Sans compter l’intérêt manifeste de cette quinzaine de jeunes gens pour ces Journées et leurs débats, qu’entre deux obligations ils ne manquaient de revenir écouter attentivement dans la salle : une collaboration à renouveler pour nos prochaines manifestations, qui a contribué à leur faire découvrir la Licra et ses combats !

De l’avis de tous les participants, les tables rondes, très suivies, furent d’une haute tenue intellectuelle tout en restant accessible à tous. Militants, intellectuels, chercheurs, représentants associatifs et religieux, politiques s’y étaient donné rendez-vous pour discuter : de l’historie locale des Justes, car ce sont toujours et avant tout des hommes et des femmes, des parcours et des trajets singuliers qu’il faut retracer et rappeler, pour montrer à tous qu’il est toujours possible de faire quelque chose, que point n’est besoin d’avoir une formation militaire pour se battre avec les armes de l’esprit et de la solidarité sans lesquelles il n’y a pas de société qui tienne ; où le rapport à la loi, qu’implique le fait d’être nommé « juste parmi les nations », aboutit, malgré le respect qu’on peut en avoir – qui n’est pas la même chose que l’obéissance réservée aux seuls esclaves –, à lui désobéir sciemment, « civilement », parce qu’une loi qui appelle à la déshumanisations des autres ou de soi-même doit être transgressée ; enfin la question de l’éducation fut abordée dans la troisième table ronde, soulignant que si les « Justes » furent des héros, ils n’en étaient pas moins des gens ordinaires qui ne se résignèrent pas à l’impuissance. S’il n’y a pas de modèle clair pour former une génération à devenir juste, car les « Justes » et les « Injustes », naguère come aujourd’hui, sortent des mêmes écoles, il n’en reste pas moins possible de refuser une éducation victimaire, complaisante et confinant à l’impuissance. Le mot de la fin appartient à Gilles Clavreul, (DILCRA) : « il faut refuser l’auto-flagellation, et la tentation du syndrome de 1871 : nous ne sommes pas coupables de ce qui nous arrive ; souvenons-nous que les attentats visent à détruire notre Etat de droit et que ses commanditaires s’accommoderaient fort bien d’un Etat policier ».