Un an pour sauver l’Europe

Par Mario Stasi - Président de la LICRA

0

L’Europe est née du désastre et de la nécessité de former une communauté d’hommes et de femmes ayant en partage des valeurs et des principes universalistes. L’Europe, c’est un socle commun, des siècles de construction d’une culture commune sans exclusive arrimée tout à la fois à la Grèce et à Rome, aux civilisations portées par la foi, à l’humanisme de la Renaissance, à la raison des Lumières, à l’émancipation des peuples, à l’éclosion des droits et des libertés. La démocratie, le pluralisme, la liberté d’opinion, la liberté de conscience sont le fruit de cet héritage européen.

Des dangers convergent dans la même direction : celle de l’affaiblissement de notre régime de libertés et la recherche de l’affrontement identitaire.

Aujourd’hui, l’Europe est sous la menace historique et conjointe de tous les extrémismes politiques et religieux qui rêvent précisément de balayer cet héritage universaliste qui nous protège du chaos. Des dangers convergent dans la même direction : celle de l’affaiblissement de notre régime de libertés et la recherche de l’affrontement identitaire.

Dans les urnes, les forces politiques anti-européennes nationalistes et xénophobes progressent inlassablement en Italie, en Autriche, en Hongrie, en Slovaquie, en Pologne, au Danemark, en Belgique, en Suède, en Grèce, en Allemagne, en France. Dans de nombreux pays, ils participent à la majorité gouvernementale ou pire, comme en Italie, ont formé des coalitions avec l’extrême-gauche populiste sur le dos de l’Europe à l’issue d’une campagne électorale raciste et anti-migrants absolument abjecte.

Dans l’opinion, la parole raciste et antisémite se libère partout sur le continent et il suffit de voir l’activisme des néo-nazis en Allemagne et des mouvements identitaires en France pour comprendre la nature de la menace. Le passage à l’acte est de moins en moins l’exception pour devenir la règle et de Beaune à Chemnitz, de Sarcelles à Budapest, la prolifération de la violence raciste et antisémite est une source infinie d’inquiétude et d’indignation.

L’Europe est d’autant plus affaiblie qu’elle est la cible privilégiée du terrorisme islamiste l’ayant ensanglanté avec une violence et une réitération inédite dans l’Histoire, à travers plus de 30 attentats ces dernières années, à Bruxelles, Paris, Londres, Madrid, Berlin, Stockholm, Barcelone, Nice, Toulouse, Liège. Le fondamentalisme islamiste s’emploie à utiliser tous les espaces offerts par notre Etat de droit et toutes les faiblesses de notre société pour faire avancer l’obscurantisme, organiser le recul de l’universalisme, diffuser l’antisémitisme et l’homophobie.

Dans quelques mois l’Europe va voter et élire son Parlement. Jamais une élection européenne n’aura sans doute été aussi déterminante pour son avenir, pour notre avenir.

Dans quelques mois l’Europe va voter et élire son Parlement. Jamais une élection européenne n’aura sans doute été aussi déterminante pour son avenir, pour notre avenir. D’aucuns voudraient la transformer en référendum contre les valeurs de l’Europe et récolter les fruits de l’insécurité culturelle qui divise les peuples. Notre devoir, à nous, universalistes, attachés à la promesse européenne de paix et de fraternité, et particulièrement à la Convention européenne des Droits de l’Homme, est de consacrer toute notre énergie pour démanteler le cartel populiste extrémiste en train de se former.

« Le pouls de la liberté, ce battement souterrain et secret qui montait, de plus en plus fort, de tous les coins de l’Europe »

A la LICRA, nous allons prendre notre part dans cette bataille intellectuelle et morale pour faire valoir une Europe fidèle à nos idéaux antiracistes. Comme nous l’avions fait pour les élections nationales de mai 2017, nous soumettrons une charte, dans tous les pays, aux candidats afin qu’ils s’engagent contre le racisme, contre la xénophobie, contre l’antisémitisme et toutes les formes de haine qui ne manqueront pas d’émerger à la faveur de la campagne électorale. Nous organiserons des réunions publiques, en France et à l’étranger, pour réveiller l’opinion, dans les universités, dans les lieux publics, dans les écoles, sur les terrains de sport. Nul ne devra ignorer ce que le mot « Europe » veut dire avant d’aller voter. Nous ferons campagne sur les réseaux sociaux pour défendre l’universalité des droits humains, pour ne pas voir disparaître, une fois encore, ce que Romain Gary appelait dans Education européenne  « le pouls de la liberté, ce battement souterrain et secret qui montait, de plus en plus fort, de tous les coins de l’Europe ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here