Affaires de Créteil : le caractère antisémite de ces crimes enfin pris en compte !

Fin 2014, un couple résidant dans le quartier de la pointe du Lac à Créteil était victime d’une séquestration violente avec ligotage. A cette occasion, les trois agresseurs, à la recherche d’argent et de bijoux, se sont livrés à des attouchements sur la jeune femme et ont proféré à leur rencontre des insultes à caractère antisémite et leur expliquant « vous êtes juifs, vous avez de l’argent ». Quelques jours plus tôt, un septuagénaire, également juif, avait subi une agression du même type.

Interpellés dans les jours qui ont suivi, les auteurs présumés des faits ont été mis en examen pour viol en réunion, vol avec arme, séquestration et extorsion suivie de violences « en raison de l’appartenance à une religion ».

Toutefois, en décembre 2016, le magistrat instructeur, sans prévenir les victimes et les parties civiles, a requalifié les chefs de mise en examen, retirant les circonstances aggravantes liées à l’antisémitisme.

Cette situation était profondément inacceptable : le seul point commun aux crimes commis à Créteil fin 2014, c’est la haine à l’égard des juifs. Cette bande, si elle n’a pas commis l’irréparable comme dans l’affaire d’Ilan Halimi, s’inscrit exactement dans la même logique que le « Gang des barbares » et doit être poursuivie comme telle.

Ne pas reconnaître le caractère antisémite de ce crime aurait été incompréhensible. La LICRA, aux côtés de SOS Racisme et des victimes de ce dossier, avait déposé plusieurs observations auprès du magistrat instructeur pour qu’il revienne sur sa décision. Si la décision de ce dernier n’est pas encore prise, le Parquet de Créteil estime quant à lui que les agresseurs qui ont braqué un couple à domicile et violé la jeune fille en 2014 les avaient ciblés à cause de leur religion, et que ce dossier doit être jugé avec la circonstance aggravante d’antisémitisme.

 

L’affaire Halimi : la commission juridique de la LICRA saisie. 

 

Dans l’affaire de la mort de Sarah Halimi, cette femme juive de 65 ans, décédée le 4 avril, et défenestrée à son domicile, dans un immeuble de Belleville, après avoir été rouée de coups. Ia LICRA souhaite indiquer les éléments suivants.

Interpellé dans la foulée, l’auteur présumé des faits, un voisin de 27 ans, a été interné en hôpital psychiatrique. La Commission Juridique de la LICRA a longuement évoqué cette affaire très complexe, notamment quant au fait d’essayer de comprendre pourquoi le caractère antisémite n’a pas été retenu pour le moment, des aspects du dossier étant très troublants. Compte tenu que l’enquête semble désormais avancer, notamment grâce à l’intervention des Avocats des victimes, la Commission juridique reste très vigilante et suit de près cette affaire. Il a été décidé de remettre ce point à l’ordre du jour de la prochaine Commission Juridique pour faire une mise au point de l’état d’avancement de l’enquête