Elections législatives : Pas de répit pour les extrémistes !

Le 1er tour des élections législatives a eu lieu dimanche. Le peuple français s’est exprimé. Deux constats s’imposent à l’issue de ce premier tour. 

 

Le premier, c’est la victoire de l’abstention.

Au regard des enjeux qui sont ceux de notre pays aujourd’hui, le niveau de participation à ces élections, le niveau le plus faible sous la Vème République, témoigne une fois de plus du fait que notre démocratie est malade. Lors du 1er tour des élections présidentielles, 37 millions de nos compatriotes avaient pris part au vote. Dimanche dernier, seuls 23 millions ont accompli leur devoir civique. Pour la première fois de notre Histoire récente, notre Assemblée Nationale risque d’être élue avec moins de 50% des inscrits. La confiance entre les citoyens et ceux qui les représentent est gravement entamée. La démobilisation du corps électoral nous oblige aujourd’hui et pour les années qui viennent à remettre, une fois de plus l’ouvrage sur le métier.

A la LICRA, nous devrons redoubler d’effort pour expliquer, lors de chaque intervention auprès des jeunes, la force et la liberté que leur procurent leur bulletin de vote. Nous aurons à repartir à zéro pour redonner à nos concitoyens le goût de la République. Les pouvoirs publics, durant le quinquennat qui s’ouvre, doivent prendre pleinement conscience, de la gravité de la situation. Chacun garde amèrement en mémoire les promesses qui, le soir du 21 avril 2002, avaient rempli de contrition les discours de nos dirigeants expliquant la main sur le coeur avoir compris le message et assurant qu’on ne les y reprendrai plus à conduire le pays vers l’abstention et, in fine, vers l’extrémisme.

Le moment est venu de prendre conscience de l’état du pays et d’y faire face, sans tergiverser, sans hypnotiser les foules par des stratagèmes de communication qui ne cacheront plus très longtemps les dangers qui nous menacent. 

 

Le second, c’est que l’extrémisme ne doit connaître aucun répit.

Evidemment, la majorité présidentielle semble acquise et la vague extrémiste qu’on pouvait légitimement craindre s’est écrasée très largement sur la prestation piteuse de Marine Le Pen lors de son débat avec Emmanuel Macron. Les 11 millions d’électeurs qui s’étaient portés sur elle semblent s’être résignés au soir du 7 mai. Contre le FN, c’est davantage une victoire par défaut qu’une victoire par KO qui risque d’être confirmée dimanche soir. Pour autant, il est de notre devoir de faire en sorte de battre, dans les 122 circonscriptions où ils sont présents, les candidats du Front National et de ses alliés. La victoire annoncée de « En Marche », la défaite des Républicains et l’écrasement du parti socialiste risque de démobiliser, encore plus, la participation lors du scrutin du 18 juin. Il ne faut donc pas baisser la garde et veiller à maintenir intacts les remparts du Front Républicain. Déjà l’extrémisme a pris d’autres formes. Des candidats de l’islam politique, officiel ou masqués, ont accédé au second tour. A l’extrême-gauche, par électoralisme ou par conviction, certains candidats sont prêts à accepter les soutiens les plus communautaristes et les plus éloignés de nos valeurs républicaines pour se faire élire. On observe, dans certaines circonscriptions, une utilisation politique et répétée de la religion pour ramasser des voix. 

 

Le 18 juin, parmi les candidats présents au second tour, 167 sont signataires de notre Charte Antiraciste. Cet engagement leur confère une responsabilité particulière dans cette campagne et, le cas échéant, s’ils sont élus.

Plus que jamais, nous devons nous mobiliser massivement pour faire battre les extrémistes de tous poils qui tentent d’entrer au Palais-Bourbon.