Compte-rendu d’un évènement parallèle : le Sommet aux Nations Unies des dissidents vénézuéliens

Officiellement, cet évènement s’intitulait « les droits humains en Amérique latine » même si officieusement il a concerné les dissidents vénézuéliens et la situation des droits de l’Homme à Cuba.

Cette rencontre, animée par Hillel Neuer, directeur de UN Watch, s’est divisée en deux panels d’intervenants. Le premier comprenait quatre dissidents au régime :

  • Eusebio Costa, étudiant, militant des droits humains, président du Centre Etudiant à l’Université Catholique Santa Rosa et membre du camp de protestataires à Las Mercedes.
  • Alejandro Suarez Teppa, étudiant diplômé en philosophie, militant des droits humains, membre de la JAVU (Juventud activa Venezuela Unida), leader du camp de protestataires à Santa Fé. 
  • Julieta Lopez, tante du leader d’opposition Leopoldo Lopez, emprisonné depuis février.  Elle fut interrompue lors de son témoignage devant le Conseil des Droits Humains en mars.
  • D. Patétif, avocate spécialiste des droits de l’Homme et des relations internationales, représentante des droits de l’Homme auprès de l’ONU.

« Les États élus au conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’Homme, et coopéreront pleinement avec le conseil ». Hillel Neuer a introduit le débat en rappelant les exigences de la résolution fondatrice du CDH et en citant les promesses faites par le Venezuela en vue de son élection au conseil en mars 2012. Membre du CDH depuis 2013 et jusqu’en 2015, le pays n’a pas tenu ses engagements. Hillel Nueuer l’a donc interpellé directement : « Je pose la question : Où êtes-vous aux Nations Unies ?  Soutenant les héros, les victimes des Droits humains ou du côté des violateurs ? ».

D. Patétif a commencé son intervention en décrivant les nombreux cas de détention arbitraire (répression lors des assemblées pacifiques de protestations, fausses accusations, détentions et torture). Julieta Lopez a ensuite pris la parole pour évoquer son neveu, leader de la protestation. Ce dernier a été arrêté, emprisonné loin de sa famille, et torturé. Elle a demandé la visite d’un expert après avoir insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une question politique mais bien de justice.  

Les autres intervenants ont eux aussi déploré l’absence d’Etat de droit, l’impossibilité pour les victimes de faire appel à des avocats, et les arrestations arbitraires. Ils réclament l’intervention d’une commission d’enquête des Nations Unies ou d’un expert, ce à quoi s’oppose le Venezuela.

A la fin des deux panels, Hillel Neuer a donné la parole aux délégations permanentes de Cuba et du Venezuela qui avaient deux minutes pour faire leur déclaration. Les pays ont été hués par le public après avoir démenti les accusations émises à leur encontre.

> Contacter l’auteur

> Consulter le site de UN Watch