La LICRA a marché pour Saïd

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La LICRA, représentée par Clotilde Chapuis, présidente de la LICRA Bordeaux, participé à la marche en mémoire de Saïd El Barkaoui, victime d’une agression à caractère raciste selon le Parquet. Pris pour cible le 20 mai par son voisin qui a été mis en examen pour “tentative d’assassinat aggravée par une motivation à caractère raciste ” ; Saïd El Barkaoui, père de quatre enfants, âgé de 38 ans, avait succombé à ses blessures, le 5 juin, deux semaines après cette agression. Selon les premiers éléments de l’enquête, des témoignages ont fait état “d’insultes à caractère racistes prononcées avant les tirs” et de “propos antérieurs aux faits” montrant “une certaine animosité, notamment à caractère raciste, à l’encontre de ce voisin”.

Environ 400 personnes étaient présentes en ce dimanche, venues, une rose blanche à la main, lui rendre un dernier hommage lors d’une “marche blanche” depuis la mairie de cette petite commune de Haute-Lande, jusqu’au domicile de la victime où s’est déroulé le drame. Cette marche était conduite par sa compagne et ses enfants qu’entouraient des dizaines d’habitants de la commune, et de militants d’associations comme la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), SOS Racisme et le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).

Une banderole où l’on pouvait lire “Saïd, nous ne t’oublierons jamais” avait été déployée en tête du cortège, auquel se sont joints plusieurs élus. “Il appartient à la justice de juger. Nous marchons dans la dignité pour apporter notre soutien à la compagne et aux six enfants de Saïd”, a déclaré Marc Ducom, maire d’Ychoux depuis 1989.

Sur les réseaux sociaux, la LICRA a dit son amertume quand à l’indifférence des médias nationaux devant ce crime inqualifiable : “L’éviction de Virginie Calmels est sans doute un fait politique majeur. La victoire du Mexique a sans doute fait trembler les murs de Mexico. Le nouveau clip de Beyonce enregistré au Louvre mérite sans doute d’être relevé. Mais ce matin, pas un mot dans les médias nationaux sur le crime ayant conduit à la mort de Saïd El Barkaoui qui, pour le procureur de la République, est un acte prémédité et raciste. En France, un homme de 38 ans, père de 4 enfants, a pris cinq balles de la part d’un homme criant « enculé d’arabe » au moment des faits. Le racisme tue mais l’indifférence est elle aussi coupable.”