Vanves : une Assemblée Générale sous le signe des Justes des Nations

A l’issue des travaux, la section recevait Philippe Maillard, petit fils d’ Yvonne Maillard, élevée à titre posthume au rang de « Juste parmi les Nations » et Pierre Osowiechi Vice Président du Comité Français pour le Yad Vashem.

La Présidente de la section ouvre la séance d’Hommage aux Justes en évoquant ce 18 janvier 2007, où le Président de la République Jacques Chirac,dans la crypte du Panthéon, donnait aux « Justes parmi les Nations » de France, reconnus ou restés anonymes, une place légitime auprès des grandes figures de notre pays. Il fit inscrire leur action collective par ces mots « Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d’humanité « .

A Vanves, nous nous devions de célébrer cette France qui s’est élevée contre la barbarie nazie et la transmettre au monde d’aujourd’hui. « Qui sauve une vie sauve l’humanité » (Extrait du Talmud).

C’est avec une extrême émotion que Pierre Osowiechi, lui-même sauvé par des Justes, livre son témoignage, immense reconnaissance de tous ceux qui, comme lui, ont été sauvés d’une mort programmée, par le comportement exceptionnel d’un de ces Français anonymes pendant la Seconde Guerre mondiale. « Sans leur main tendue, notre nom aurait été inscrit de l’autre coté du mur » dans le Mémorial de la Shoah où sont inscrits d’un côté, les victimes de la barbarie nazie et de l’autre, à l’extérieur, les Justes des Nations. De nombreuses familles juives ont eu et ont encore aujourd’hui le souci de rendre hommage à ceux et celles qui les ont sauvées. (Au 1er janvier 2013 le nombre total des Justes nommés pour la France atteint 3 654 sur un total de 24 811 dans l’ensemble du monde).

Philippe Maillard évoque à son tour la mémoire de sa grand-mère qui, en 1943, sans se préoccuper des conséquences, accueillit dans sa ferme de St Symphorien les Bruyères et dans la plus grande discrétion, les trois enfants Najberg . Veuve et déjà mère de trois enfants elle n’hésita pas un instant à accepter cette charge supplémentaire, consciente du danger qu’encouraient ces petits innocents. La famille Maillard, intégra totalement les trois enfants et continua de vivre la vie comme si de rien n’était… jusqu’à la libération. Les enfants ont alors retrouvé leurs parents et les liens affectifs noués entre les deux familles ont continué de vivre sans jamais être interrompus. Et Philippe Maillard de conclure : « Je veux croire que dans des situations d’intense pression physique et psychologique, la Résistance est possible et que l’on peut s’opposer au mal à titre collectif comme à titre individuel. Il y a certainement plus d’Yvonne Maillard qu’on ne le pense ».

De gauche à droite : Jacques Landois (trésorier), Bernard Gauducheau (Maire de Vanves), Monique Abécassis (Présidente de la Licra Vanves), Pierre Osowiechi (Vice Président de Yad Vashem France), Guy Janvier (Conseiller Général) et Philippe Maillard (petit fils de  » Juste »)