Affaire Chaolin : le racisme anti-asiatique retenu

Zhang Chaolin, homme de 49 ans d’origine chinoise, est mort il y a moins d’un an, le vendredi 12 août 2016 des suites des blessures liées à l’agression qu’il avait subie en pleine rue, à Aubervilliers quelques jours auparavant. 

La communauté chinoise et la maire d’Aubervilliers ont dès l’origine dénoncé le caractère raciste de cette agression. Cette communauté est en effet de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans tous les cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics et le déni ne doit pas l’emporter. 

En septembre 2016, la communauté asiatique s’était fortement mobilisée lors d’une manifestation dans les rues de Paris, réclamant protection et sécurité aux autorités. De nombreuses voix s’étaient alors élevées pour dénoncer ce crime raciste et exiger qu’il soit reconnu comme tel. 

La LICRA avait immédiatement demandé à la justice de retenir contre les agresseurs présumés la circonstance aggravante de racisme. C’est aujourd’hui chose faite puisque l’ordonnance de renvoi devant la Cour d’Assises de Seine-Saint-Denis a intégré cette dimension. Notre association s’est constituée partie civile dans ce dossier et sera représentée par Me Rachel Lindon. 

Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Il suffisait, l’an dernier, d’entendre certains commentateurs des Jeux Olympiques devant des athlètes asiatiques pour comprendre le poids des idées reçues et de la bêtise à l’égard de nos compatriotes d’origine asiatique.