Le Vénérable W de Barbet Schroeder

Avec « Le Vénérable W », Barbet Schroeder clôt sa trilogie du mal qu’il avait initiée en 1974 avec « Général Idi Amin Dada » et poursuivie avec « L’avocat de la terreur » en 2007, portrait de l’avocat Jacques Vergès qui a notamment défendu Klaus Barbie (vous pouvez d’ailleurs suivre la chronique du Procès Barbie relaté par Alain Jakubowicz).

De nouveau, il nous offre une plongée dans les tréfonds de l’âme humaine et nous révèle le visage de l’horreur qu’elle peut parfois adopter. Le Vénérable W, est une mise en perspective saisissante du chemin tortueux sur lequel, même une « religion de paix » telle que le bouddhisme, peut se perdre : lorsque la peur de l’autre se traduit par la haine et la violence. Barbet Schroeder dresse le portrait de d’Ashin Wirathu, moine bouddhiste qui exhorte à l’épuration ethnique des Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie.

Interrogeant par la même occasion l’immobilisme politique et notamment celui du Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. Dans une démonstration magistrale, il nous rappelle l’importance et la force des mots dans la mécanique du mal. Comme un écho à notre propre actualité, c’est un miroir qu’il nous tend afin de nous interroger sur les maux qui frappent la société française et sur le risque de l’immobilisme face à la libération de la parole raciste.

Synopsis du film

En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.