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La Licra et SciencesPo Lyon honorent la mémoire de Lucie et Raymond Aubrac

En présence des filles de Lucie et Raymond Aubrac, Élisabeth Helfer-Aubrac et Catherine Vallade, de Laurent Douzou, Historien, de Michel Noir, ancien Ministre et ancien Maire de Lyon, de Thierry Philip, Président de la Maison d'Izieu et de Johanna Barasz, Déléguée adjointe à la DILCRAH.

Au printemps dernier, une salve négationniste, raciste et antisémite s’emparait honteusement des hymnes folkloriques et collectifs qui résonnent lors du Criterium annuel réunissant les 10 Instituts d’Études Politiques de France pour une compétition sportive. À Strasbourg, ville capitale d’une Europe en proie aux extrémismes, l’épisode était aussi symbolique que désastreux.

À la Licra, l’éducation est un levier cardinal de lutte contre la haine. Engagés aux côtés du Ministère de l’Enseignement supérieur et motivés par une volonté commune de porter la parole antiraciste et humaniste, nous avons entamé un tour de France des IEP.

À Lyon, épicentre précoce de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, Renaud Payre, directeur de SciencesPo Lyon, s’est immédiatement montré enthousiaste à l’idée de transmettre ce message à ses étudiants.

Les IEP et la Licra s’engagent

C’est ainsi que le lundi 2 décembre 2019, dans cette enceinte qui fut jadis l’École du service de santé des armées et dont les sous-sols ont abrité les pires exactions de la gestapo et de Klaus Barbie sur leurs prisonniers, l’amphithéâtre « Lucie et Raymond Aubrac » était inauguré dans les locaux de l’IEP.

Figures de la Résistance, avec le courage qui anime celles et ceux qui chérissent la liberté au mépris de la résignation, ils menèrent un combat furieux contre l’occupation allemande et la peste nazie.

François Rachline, Président de la Commission Mémoire, Histoire et Droits de l’Homme de la Licra, dont l’oncle Vila Rachline, martyr supplicié en ces lieux qui ne livra aucun nom, pas même le sien, n’opposant ainsi que le courage à la barbarie nazie avant d’être assassiné, le rappelle avec émotion en ces termes : « chaque jour, à chaque instant du temps qui passe, les voix de ceux que Klaus Barbie a fait taire ne cessent de résonner dans les murs de ce Centre. »

C’est ici que Lucie Aubrac, qui se présente en comtesse de Barbentane, vient mystifier Klaus Barbie pour obtenir le transfert de son mari et, in fine, organiser son évasion sur le boulevard des Hirondelles, aujourd’hui devenu le boulevard des Tchécoslovaques.

François Rachline

Lire le discours prononcé par François Rachline

C’est également ici qu’au sortir du procès Barbie de 1987, Alain Jakubowicz, Président d’honneur de la Licra (qu’il a présidé de 2010 à 2017), alors adjoint délégué aux Droits de l’Homme du maire de Lyon de l’époque, Michel Noir, a initié la création du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation inauguré le 15 octobre 1992.

Table-ronde «Histoire et mémoire de l’action clandestine en région lyonnaise». Avec Michel Noir, ancien Ministre et ancien Maire de Lyon, à l’initiative du CHRD,Thierry Philip, Président de la Maison d’Izieu, et Laurent Douzou, Professeur d’histoire à @ScPoLyon et à l’Université Lyon 2.

Au déclin de l’automne, ce lundi 2 décembre 2019, un ciel blanc recouvrait la ville de Lyon de sa pâle enveloppe. Dans la cour de l’IEP, battue par un vent sec et froid, en observant les feuilles virevolter et le drapeau tricolore trembler sur son mat, on pouvait presque saisir l’écho des bottes que portaient les tortionnaires claquer sur le sol, saisir les cris d’effroi et de courage s’échappant des cachots. Saisir, le silence plus éloquent encore, du calme qui succède à l’horreur.

La mémoire et l’Histoire

Ce que cet hommage nous enseigne, ce que les noms qui ornent désormais l’entrée de cet amphithéâtre convoquent aujourd’hui, n’est autre que la mémoire. Celle des héros comme celle des anonymes, car l’Histoire leur appartient. À la Licra, nous savons depuis trop longtemps que c’est l’ignorance qui nourrit la haine de l’autre. Et à Lyon désormais, dans l’enceinte de son IEP, Lucie et Raymond Aubrac veillent à ce que jamais l’oubli ne recouvre la mémoire de celles et ceux qui ont combattu pour la liberté, de celles et ceux qui ont consenti au sacrifice ultime pour l’égalité et la fraternité.

À notre tour, modestement, poursuivons leur œuvre et luttons sans relâche contre le racisme, contre l’antisémitisme et le fléau négationniste.

Lire la conclusion prononcée par Alain Blum, Président de la Licra AURA


À l’issue de cette cérémonie, Renaud Payre, directeur de SciencesPo Lyon, la référente racisme et antisémitisme de l’école et Alain Blum, Président de la Licra AURA, se sont réunis pour définir ensemble les termes d’une future convention de partenariat entre l’IEP et la section.


De gauche à droite : Claude Pierre-Bloch, Michel Noir, Élisabeth Helfer-Aubrac, Johanna Barasz, Thierry Philip, Laurent Douzou, Renaud Payre, François Rachline, petit-fils de Lucie et Raymond Aubrac, Alain Blum, Catherine Vallade, petite-fille de Lucie et Raymond Aubrac.

La Licra était représentée par Claude Pierre-Bloch, membre du Bureau Exécutif et Délégué au Comité d’honneur, François Rachline, Président de la Commission Mémoire, Histoire et Droits de l’Homme et Stéphane Nivet, Délégué général de la Licra et à l’origine de l’initiative.

Nous remercions également la section Licra AURA et son président, Alain Blum.

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