Affaire Halimi : le caractère antisémite toujours pas reconnu !

Le juge d’instruction en charge de l’affaire du meurtre de Sarah Halimi a mis en examen hier l’auteur présumé des faits, Kobili Traoré, pour « homicide volontaire » et « séquestration ». Les circonstances de ce crime sont particulièrement atroces et l’évocation des faits suffit à comprendre l’enfer qui a été vécu par la victime. A l’issue de la première étape de la procédure, la circonstance aggravante d’antisémitisme n’a pas été retenue par le magistrat instructeur.

Pour la LICRA, la situation ne saurait demeurer en l’état et ne pas prendre en compte le fait que l’auteur présumé des faits aurait été inspiré, lors de son passage à l’acte, par la haine des Juifs serait le signe d’un manque de lucidité effroyable de la part de la justice.

Deux sentiments doivent prévaloir dans ce dossier. Le premier repose sur la nécessité, dans chaque affaire de ce type, d’établir l’ensemble des motivations qui ont pu conduire à un homicide. Trop souvent, comme on la vu dans l’affaire de Créteil, en dépit d’éléments évidents et qui ne souffrent d’aucune contestation, les parties civiles et les associations doivent batailler comme jamais pour faire reconnaître que le racisme et l’antisémitisme tuent. C’est toujours un combat que les antiracistes doivent mener, à contre courant du conformisme et de la frilosité de la justice, et de l’opinion, à dire et nommer les choses clairement.

Le second tient à la confiance que nous devons avoir dans notre Etat de droit. Evidemment, dans le dossier Halimi, personne ne saurait se satisfaire du fait que le magistrat instructeur n’ait pas retenu l’antisémitisme comme circonstance aggravante de ce crime effroyable. Pourtant, et c’est l’honneur de notre système judiciaire, nous disposons de moyens d’action pour que la situation ne demeure pas figée devant cette injustice. Aux côtés des parties civiles, le rôle des associations antiracistes comme la LICRA est de convaincre le Parquet de demander à ce que les faits soient requalifiés et de sensibiliser l’opinion publique au risque de déni dans lequel des affaires de ce type peuvent rapidement sombrer.

C’est avec détermination que la LICRA mettra tout en oeuvre pour que la justice regarde ce dossier dans toutes ses dimensions, sans angle mort et sans tabou.

En vidéo, la réaction d’Alain Jakubowicz (à partir de 1:47) :