Lutter contre la radicalisation dans le sport

Le sport constitue un foyer important d’embrigadement en faveur du djihad. Avec la Région Ile-de-France, la LICRA s’engage à lutter contre ces dérives en formant les responsables et animateurs des clubs. Les objectifs de ce programme inédit en France et initié par la Région Ile-de-France sont de sensibiliser les dirigeants et de donner aux éducateurs des clés pour lutter contre ce fléau en pleine expansion. La pratique du sport peut aussi être une remédiation éducative en situation de crise identitaire. 

Le sport, terrain de jeu de la radicalisation 

Partout en France, des milliers de clubs sportifs mènent un travail d’éducation et de transmission des valeurs de la République. Chacun d’entre eux participe à son niveau au développement de la citoyenneté et de la laïcité auprès de la jeunesse. Pourtant, fin octobre 2015, un rapport du service central du renseignement territorial a mis en évidence le développement du communautarisme religieux et de  la radicalisation  au sein de certaines associations sportives. Au total, une vingtaine de cas graves ont ainsi été recensés en moins de deux ans et il y a tout lieu de croire qu’ils ne forment que la partie visible d’un phénomène plus profond. Si ces chiffres paraissent marginaux au regard de l’ensemble de l’écosystème du sport amateur, leur évolution doit néanmoins nous alarmer quant à l’ancrage du fait religieux et communautaire dans le quotidien d’une partie de notre jeunesse. Alors que le sport est une source d’intégration, d’émancipation et d’ouverture à l’autre, il se transforme, dans certains quartiers, en machine identitaire. 

Des phénomènes étrangers à l’éthique sportive et à ses valeurs sont apparus : recrutements exclusivement menés au sein d’une communauté particulière, prosélytisme religieux, refus de la mixité, soudaine apparition de tenues traditionnelles et de prières sur le terrain ou dans les vestiaires. Par ailleurs, l’entrisme et le prosélytisme manifestes de l’islam radical dans certains clubs sportifs, dont la doctrine bannit pourtant toute pratique sportive, est une source de préoccupation majeure et laisse augurer une stratégie de recrutement à long terme. La situation est d’autant plus problématique que ces dérives sont à l’œuvre au sein de bâtiments sportifs publics, appartenant la plupart du temps aux collectivités territoriales et dans le cadre d’activités financées par de l’argent public. 

Les clubs sportifs jouent un rôle essentiel dans l’accueil de jeunes et la transmission de valeurs. Le travail des éducateurs est difficile et rude. La transmission des valeurs universelles se heurte à l’avènement de contre-cultures fondées sur une doctrine qui établit la primauté de la loi religieuse sur la loi de la République. Face à cette situation et plus globalement face à la radicalisation rencontrée dans notre pays, la région Ile-de-France a lancé un programme de sensibilisation de tous les acteurs concernés par ces phénomènes. la LICRA y participe activement. 

La LICRA, partenaire du plan de la Région Ile-de-France

Le lundi 11 décembre 2017, le CREPS (Centre Régional de la Performance Sportive) d’Ile-de-France et la Région Ile-de-France ont organisé un événement consacré à la lutte contre la radicalisation dans le sport. Animée par la journaliste Céline Géraud, cette journée avait pour objectif de comprendre par quels moyens et quelles stratégies le sport amateur est devenu un terreau favorable à la radicalisation. Les acteurs des clubs sportifs franciliens ont pu échanger avec des spécialistes des ces phénomènes : policiers, représentants du monde associatif, journalistes, analystes, responsables des centres de déradicalisation. La LICRA est partenaire de ce programme de référence porté par Patrick Karam, Vice-président de la région Ile-de-France chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative. Elle organise dans ce cadre des séminaires de formations des acteurs du monde sportif. Ces travaux pratiques permettent de mieux identifier ces phénomènes, d’en détecter les signaux faibles et d’apporter les réponses adaptées afin que nos terrains de sport cessent d’être trop souvent des territoires perdus de la République. 

 

Patrick Karam, Vice-Président de la Région Ile-de-France