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20 ans après la mort d’Ilan Halimi : un traitement toujours complexe de l’antisémitisme par la Justice

Il y a vingt ans, le corps d’Ilan Halimi était retrouvé au terme de 24 jours d’un calvaire qui a glacé la France. Séquestré et mis à mort, Ilan a été la victime d’un antisémitisme nourri par les préjugés les plus vils. Pour ses bourreaux, parce qu’il était juif, il était nécessairement riche. Cette haine déshumanisante a fait d’un jeune homme une cible.

À la Licra, nous n’oublions pas l’aveuglement qui a initialement entouré cette affaire. Si la France avait déjà été frappée par le terrorisme antisémite de la rue Copernic ou de la rue des Rosiers, l’assassinat d’Ilan Halimi a provoqué un nouvel électrochoc. Il a révélé une réalité brutale : la résurgence d’une violence barbare nichée dans les stéréotypes du quotidien, capable de transformer des voisins en bourreaux, un groupe de jeunes en un « gang des barbares ». Il a fallu l’obstination de la mère et des proches d’Ilan Halimi, de leurs avocats et des associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, pour faire reconnaître, enfin, la réalité du mobile antisémite.

Vingt ans plus tard, ce crime antisémite reste une blessure ouverte et un avertissement. Il nous rappelle que les préjugés ne sont jamais inoffensifs : ils sont le terreau de la violence. Aujourd’hui, ce terreau s’est étendu au monde numérique. La propagation massive et instantanée des discours de haine sur les réseaux sociaux donne une résonance industrielle aux stéréotypes qui ont tué Ilan. Cette viralité de la haine constitue un défi sans précédent pour notre justice, qui peine encore trop souvent à déceler et à condamner avec la célérité nécessaire ces venins invisibles mais omniprésents qui imprègnent notre société. 

Récemment encore la stèle en hommage à Ilan Halimi a été dégradée, sans que la Justice ne soit en capacité de détecter et donc de réprimer cette circonstance aggravante du passage à l’acte délictuel, quand  la haine des juifs, en est le mobile.

L’engagement de la Licra est sans relâche :

  • Contre l’oubli, pour que le souvenir du supplice d’Ilan Halimi nous impose une vigilance sans faille face à la résurgence des haines, qu’elles s’expriment dans la rue ou derrière un écran.
  • Contre les nouveaux vecteurs de haine, en exigeant une régulation stricte des plateformes numériques pour entraver la diffusion des stéréotypes qui fracturent notre pacte républicain.
  • Par l’action de terrain et le plaidoyer judiciaire, 
  • Pour déconstruire les mécanismes de la haine partout où ils s’immiscent et donner à la justice les moyens de détecter les premiers signes de la haine raciale et antisémite, ses nouvelles formes codées sous couvert d’un rejet prétendu du sionisme, qui se multiplient pour en favoriser l’impunité, et enfin de sanctionner chaque dérive avant qu’elle ne mène à l’irréparable.

Aujourd’hui, nos pensées vont à sa famille. Pour eux, et pour la République, nous ne baisserons jamais la garde. La lutte contre l’antisémitisme demeure, encore et toujours, l’affaire de tous.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

N°689 – Le DDV • Désordre informationnel : Une menace pour la démocratie – Automne 2023 – 100 pages

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