Actualités International Izkor (souviens-toi) : Pour la mémoire à Jérusalem

Izkor (souviens-toi) : Pour la mémoire à Jérusalem

Par Gérard Unger. Récit du voyage du Président de la République, Emmanuel Macron, à Jérusalem entre le 21 et le 23 janvier dernier. Mario Stasi faisait partie du voyage.

Le président de la République s’est rendu à Jérusalem pour participer aux commémorations du 75ème anniversaire de la libération des camps d’extermination, notamment celui d’Auschwitz. Tout comme notre président Mario Stasi, j’étais du voyage et j’ai pu apprécier combien Emmanuel Macron était sensible aux causes que défend la Licra : la mémoire, la lutte contre l’antisémitisme et la soif de justice.

Durant son discours à Yad Vashem, devant un parterre de 47 chefs d’Etat et de gouvernement, le Président a notamment insisté sur « la nécessité de transmettre, de nommer l’innommable pour faire entendre aux vivants le message des morts (…) Tout garder, tout transcrire, les mots, les gestes, les regards, les souffles, pour tout transmettre. Il fallait répondre à l’appel de Simon Doubnov qui disait à ses compagnons du ghetto de Riga : »frères, inscrivez tout, notez tout pour le raconter aux générations à venir ». » La mémoire a été au cœur de son intervention comme au centre de son voyage, avec cette préoccupation lancinante qui est aussi la nôtre : comment assurer la transmission quand les derniers témoins vont bientôt disparaître ? Avant de participer à cette cérémonie, le Président s’était rendu à Roglit, à quelques kilomètres de Jérusalem, pour rendre hommage aux 76 000 déportés juifs de France, dont les noms sont inscrits sur un monument. En compagnie de Serge et Beate Klarsfeld, il a été le premier président français à se recueillir en ce lieu.

Un voyage symboliquement fort

Devoir de mémoire, mais aussi volonté de lutter contre l’antisémitisme : après sa rencontre avec Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël, Emmanuel Macron a rappelé que vouloir la destruction de l’Etat d’Israël relevait de l’antisémitisme : on peut critiquer la politique de n’importe quel Etat, Israël compris, mais vouloir la disparition de l’Etat juif plus de 70 ans après sa création n’est en fait que de l’antisémitisme : la Licra, attachée depuis la naissance de l’Etat à l’existence d’Israël, n’a jamais dit autre chose.

Enfin le Président de la République, devant la communauté française de Jérusalem, a rappelé combien il comprenait le « besoin de procès » dans l’affaire Sarah Halimi, ce qui montre bien qu’il a parfaitement saisi ce que ressentent nombre de nos concitoyens, juifs ou pas. Sur ce point il est allé aussi loin que possible sur un dossier délicat qui n’est juridiquement pas clos.

Tous ces discours ont fait de ce déplacement un succès, et Mario comme moi avons été sensibles à ces déclarations qui rejoignent les positions de la Licra. La presse de notre pays a préféré insister sur un incident mineur à l’église Sainte-Anne (un membre trop zélé de la sécurité israélienne a bousculé un gendarme français pour entrer dans la basilique malgré les consignes) et n’a pas suffisamment vu combien ce voyage était symbolique et important. C’est d’autant plus regrettable que la presse israélienne a mieux perçu les enjeux profonds de cette visite qui sera bientôt suivie d’une venue officielle et bilatérale du président français en Israël. Malgré cette perception un peu biaisée qu’ont pu avoir certains journalistes, ce voyage a été indéniablement une réussite.

À Roglit, devant le monument aux déportés français, le Président e la République était manifestement ému. Il a échangé avec des survivants, puis serré la main des membres de la délégation qui l’accompagnait. Quand est venu mon tour, je lui ai dit que le nom de mon père figurait sur le monument. Son regard s’est alors embué et sa poignée de main a été plus forte.

Emmanuel Macron est comme François Mitterrand, au moins sur un point : il est souvent en retard. Sa visite dans la Vieille Ville de Jérusalem ayant duré bien plus que prévu, le temps manquait pour aller rencontrer Mahmoud Abbas à Ramallah avant le dîner officiel. Qu’à cela ne tienne : la visite au Raïs a été reportée à 22h30…

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