ActualitésJusticeUne stèle à la mémoire de Simone Veil dégradée

Une stèle à la mémoire de Simone Veil dégradée

Une stèle érigée en l’honneur de Simone Veil a été recouverte de croix gammées à Perros-Guirec, dans les Côtes-d’Armor, a-t-on appris mercredi 11 août 2021.

« Ce matin, nous avons découvert que la stèle de Mme Simone Veil a été recouverte de tags avec des croix gammées », a indiqué la gendarmerie des Côtes-d’Armor, confirmant une information des médias locaux.

« Nous avons procédé aux constatations et aux investigations d’usage », a-t-on ajouté de même source.

A la mi-journée, « la stèle a été bâchée et complètement nettoyée », a indiqué la mairie de Perros-Guirec. « Elle est toute propre », a précisé la commune.

Installée sur le parvis de l’Hôtel de ville, renommé « Parvis Simone-Veil », cette stèle en granit a été inaugurée en novembre 2017, selon les médias locaux.

« #SimoneVeil est une figure française et mondiale des droits des femmes, de l’Europe et de la lutte contre l’antisémitisme. Dégrader sa stèle c’est dégrader la France! Ces actes abjects ne doivent pas rester impunis », a réagi la ministre déléguée auprès du ministère de l’Intérieur Marlène Schiappa sur Twitter.

Cité par Ouest-France, le maire Erven Léon, a regretté un acte « inadmissible » et « incompréhensible ».

La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a aussi exprimé « son dégoût profond pour ces faits lâches et abjects ». « Tout doit être fait pour que leurs auteurs soient identifiés, jugés et condamnés », a demandé l’association sur Twitter.

Simone Veil (1927-2017), qui fut déportée à Auschwitz, a notamment laissé en 1975 son nom à la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle a aussi été présidente du Parlement européen (1979-1982).

Également académicienne, elle a été présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (2001-2007). Elle a fait son entrée au Panthéon en 2018.

La stèle a été une nouvelle fois dégradée samedi 14 août 2021 a fait savoir le préfet Thierry Mosimann.

« La France ne reculera pas », a tweeté le président Emmanuel Macron à la suite de cette nouvelle profanation. « Jamais nous ne tolérerons que s’installe l’antisémitisme. Pour Simone Veil dont la stèle a été profanée, à tous, je veux le répéter: la France ne reculera pas », a écrit le chef de l’Etat.

Deux hommes interpellés

Deux hommes ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire jeudi 26 août pour dégradations et injures publiques aggravées, ainsi que pour provocation à la haine après les profanations de la stèle en mémoire de Simone Veil à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), a annoncé jeudi le parquet de Saint-Brieuc.

« Une information judiciaire a été ouverte (…) au terme des deux gardes à vue des chefs de dégradations aggravées, injures publiques aggravées et provocation à la haine », indique dans un communiqué le vice-procureur de la République de Saint-Brieuc, Antoine Loussot.

La circonstance aggravante des infractions retenues contre les deux hommes « résulte de leur caractère racial », précise-t-il.

Les deux hommes sont âgés d’une soixantaine d’années, originaires des Côtes-d’Armor, « sans condamnation à leur casier judiciaire » ni « lien entre eux », ajoute le parquet.  

Le premier homme, interpellé mardi et placé en garde à vue, a reconnu avoir « rédigé et distribué » des tracts mais a nié avoir commis les dégradations, « sans éléments pour le confondre pour l’heure », indique le vice-procureur.

Selon une source proche du dossier, il s’agissait de « tracts hostiles et injurieux envers Simone Veil ».

Le deuxième homme, bénéficiant d’une mesure de curatelle, s’est « présenté volontairement » à la gendarmerie lundi en fin d’après-midi où il a reconnu les premiers faits de dégradations commis sur la stèle. Par deux fois début août la stèle avait été souillée par des jets d’excréments ou encore de mayonnaise.

Puis des tags de croix-gammées ont été découverts le 11 août.

Mais l’homme n’a pas reconnu les faits en date du 14 août, précise le parquet. Cette fois ce sont des tags antisémites qui ont été découverts sur la stèle, selon une source proche du dossier.

Ces faits semblent relever « d’un autre mode opératoire » et restent « sans auteur identifié » à ce stade des investigations, indique le parquet.

« Le mobile de leurs actes demeure imprécis et devra être analysé à la lumière des expertises psychologiques et psychiatriques qui seront sollicitées », précise le vice-procureur. L’information judiciaire « aura pour but, entre autre, de réaliser les expertises de personnalité et de chercher d’éventuels complicités ou co-auteurs ».

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

« L’école contre le racisme » – n°684 – Automne 2021 – 100 pages

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