En mémoire d’Imad

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Le 10 juin au matin, Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad Ibn Ziaten assassiné par Mohamed Merah, découvre sa maison recouverte de tags immondes : « Vive Merah », « Juif bientôt mort », « On va t’avoir », « C’est bientôt à toi, salle juif » (sic), « Ont aura ta peau Latifa » (sic).

Les termes choisis sont d’une violence extrême et les menaces sont explicites. Les mots qui sont employés disent tellement des ressorts de la haine qui animent les continuateurs de l’islamiste Mohamed Merah. Cette haine porte un nom : l’antisémitisme. 

A la LICRA, on nous demande souvent pourquoi nous distinguons, dans notre acronyme, le racisme de l’antisémitisme. Désormais, pour y répondre, nous montrerons les tags accusant Latifa Ibn Ziaten d’être juive et justifiant ainsi le sort qui devrait lui être réservé. L’antisémitisme a ceci de spécifique qu’il n’est pas seulement un racisme manifesté à l’égard des juifs. Il contient autre chose et notamment cette idée qu’il est une forme de haine totale et globalisante qui désigne comme « juif » tout ce qui doit être haï.

Derrière le mot « juif » pointé en direction de Latifa Ibn Ziaten, il y a la volonté de stigmatiser une musulmane pratiquante qui a l’audace de faire le tour des écoles de la République pour dénoncer l’islamisme et combattre l’antisémitisme. Tout comme avant elle, il y eut la volonté, de la part de Mohamed Merah, de tuer Imad Ibn Ziaten parce qu’il était un musulman engagé dans l’armée de la République Française. Pour les antisémites islamistes, le « juif » dépasse l’appartenance à la communauté juive. Pour eux, le « juif » est synonyme de traîtrise. C’est le sens qu’il faut également voir dans le tag signalé dans le RER C et accusant le joueur de Football Kylian Mbappé d’être un « enculé de nègre enjuivé », lui qui criait « Vive la République et vive la France ! » après chaque victoire des Bleus. 

Cette haine là n’est assurément pas un racisme comme les autres. Elle est une assignation qui désigne à la vindicte les Juifs mais également ceux qui sont « suspectés » de « philosémitisme ». Cette haine là est une psychose meurtrière qui fantasme ainsi un « ennemi universel ». 

Cette situation nous impose, à tous, des devoirs et justifie que la lutte contre l’antisémitisme n’est pas seulement l’affaire des Juifs. Elle est l’affaire de l’Humanité toute entière car l’antisémitisme est capable de l’entraîner, tout entière également, dans l’abîme. Ce combat, nous le devons à toutes les victimes de Mohamed Merah, toutes victimes de la même haine et pour reprendre les mots de Levinas, toutes « victimes de la même haine de l’autre homme, du même antisémitisme ».

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