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Maurice Papon, condamné 55 ans après

A partir de juin 1942, Maurice Papon est secrétaire général de la préfecture de Gironde aux côtés du Préfet Maurice Sabatier. Après guerre, il poursuit sa carrière dans la préfectorale, au ministère de l’Intérieur, en Corse, à Constantine en Algérie, au Maroc et en tant que préfet de police de Paris de 1958 à 1967. En 1968, il devient député gaulliste du Cher, maire de Saint-Amand-Montrond, il devient il ministre du Budget dans le troisième gouvernement de Raymond Barre de 1978 à 1981.

Le 6 mai 1981, entre les deux tours de l’élection présidentielle qui devait conduire à la victoire de François Mitterrand, le journal publie un article de Nicolas Brimo intitulé « Quand un ministre de Giscard faisait déporter les Juifs » révélant le rôle de Maurice Papon dans la déportation des Juifs bordelais. On y trouve deux documents, datés l’un de février 1943, l’autre de mars 1944, et signés de la main de Maurice Papon, alors secrétaire général de la préfecture de Gironde. Ces pièces montraient la participation du secrétaire de préfecture à la déportation des Juifs vers l’Allemagne. Papon est inculpé le 19 janvier 1983 de crimes contre l’humanité. Il est accusé d’avoir fait déporter, entre juillet 1942 et mai 1944, près de 1 600 Juifs de Bordeaux vers Drancy.

Le 8 octobre 1997, son procès s’ouvre devant la Cour d’Assises de la Gironde. Le 2 avril 1998, il est condamné à une peine de dix ans de réclusion criminelle, d’interdiction des droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre l’humanité en raison de son « concours actif » à l’organisation de la déportation de 1 560 Juifs, de la région de Bordeaux vers le camp de Drancy, avec pour destination Auschwitz. Après le procès de Klaus Barbie, symbole du nazisme, après celui de Paul Touvier, symbole du collaborationnisme milicien, le procès de Maurice Papon fut quant à lui le symbole d’une justice qui s’attaquait enfin à l’administration de Vichy, à ces crimes de papier qui ont conduit vers la mort les Juifs de France. 

 La LICRA, était partie civile à ce procès.