La LICRA engage la bataille contre la haine en ligne

Par Mario Stasi, Président de la LICRA

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La lutte contre la haine en ligne est pour la LICRA une priorité absolue. L’anonymat, couplé au sentiment d’impunité, offre aux fauteurs de haine une toute puissance à laquelle il faut répondre pour ne pas voir, dans les années qui viennent, des pans entiers de notre cohésion sociale s’effondrer sous l’effet d’une libération incontrôlable de la parole raciste, antisémite, négationniste, sexiste et homophobe.

Le moment est venu de prendre conscience de cet enjeu.

Ce combat a été marqué aujourd’hui par une étape particulièrement importante. Avec d’autres associations (SOS Racisme, l’UEJF notamment), nous avons décidé d’engager contre le site « Démocratie Participative » une offensive juridique visant à obtenir de la justice que les fournisseurs d’accès à Internet cessent de fournir l’accès à ce site vomitif dans les appels à la haine feraient pâlir d’envie les pires rédacteurs en chef de la presse des années 30. Hébergé à l’étranger, ce site était inaccessible aux sanctions pénales françaises du fait de la dissimulation organisée de son anonymat et de la responsabilité juridique de son directeur de publication et de ses contributeurs. Me Ilana Soskin était donc à l’audience pour nous représenter et demander au juge des référés de rendre une décision dans le sens de nos arguments. Ce n’est pas la première fois que nous demandons à la justice d’enjoindre des mesures de ce type et la LICRA, en juin 2005, peut s’honorer d’avoir été dans la première procédure du genre, aux côtés de l’UEJF, de SOS Racisme, de Mémoire 2000 du regretté Bernard Jouanneau, qui a permis de bloquer l’accès à plusieurs sites négationnistes hébergés à l’étranger.

Dans les semaines et les mois qui viennent, nous allons, à la LICRA, mettre toute notre expertise et notre énergie dans la bataille afin que les propositions du rapport de la commission Avia-Taieb-Amellal – améliorées pour certaines de nos propositions- soient traduites dans la loi.

Dans les semaines et les mois qui viennent, nous allons, à la LICRA, mettre toute notre expertise et notre énergie dans la bataille afin que les propositions du rapport de la commission Avia-Taieb-Amellal soient traduites dans la loi. Nous allons porter dans le cadre du débat parlementaire qui s’annonce un certain nombre de propositions afin que la régulation du numérique qui sera mise en place soit efficace, pédagogique et dissuasive.

On va nous objecter, comme à chaque législation antiraciste, que nous serions des Thénardiers de la liberté d’expression et que nous organiserions en France « la police de la pensée ». Nous rappellerons alors sans cesse que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions qui appellent une discussion et un débat, mais des délits susceptibles de sanctions pénales. Nous rappellerons que le modèle anglo-saxon qui ne pose quasiment aucune limite à la liberté d’expression est une impasse car il offre abri et protection à ceux qui sont des ennemis de la liberté au point de passer à l’acte, à l’acte irrémédiable, et qui distillent à l’échelle mondiale un poison raciste, antisémite, complotiste et négationniste auprès de la jeunesse.

L’attentat antisémite de Pittsburgh a montré une fois de plus que la vie numérique était dans bien des cas l’antichambre de la mort et du passage à l’acte. Et la véritable atteinte à la liberté, à la liberté d’exister, au droit de vivre, c’est bien celle qui consiste à supprimer l’autre parce qu’il est autre, et pas celle qui consiste à l’empêcher de le faire par tous les moyens de droit que nous avons à notre disposition.

Mario Stasi, Président de la LICRA

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