Lettre ouverte à Monsieur Laurent Russier, maire de Saint-Denis : « on ne peut pas combattre et cautionner »

Par Mario Stasi, Président de la LICRA

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Le rôle des élus dans la respiration démocratique de notre pays est essentiel. Leur parole compte et chacun doit pouvoir espérer d’elle une certaine forme d’exemplarité, d’invitation à la République et à ses valeurs. En tant que maire d’une ville de 110 000 habitants, votre responsabilité est grande dans l’affermissement de combats utiles au bien public et à la cohésion nationale, au premier rang desquels se situe la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Votre ville, et c’est heureux, a pris l’initiative d’une « Quinzaine antiraciste et solidaire » organisée avec un collectif d’associations.

Toutefois, en tant que Président de la LICRA, mon devoir est de vous faire part, avec une certaine amertume, des constats suivants.

En premier lieu, la polémique autour de l’affiche qui assimilait le drapeau tricolore à Adolf Hitler demeure aujourd’hui sans réponse crédible et les explications ancillaires qui sont venues étayer le retrait de ce document ne sont malheureusement pas convaincantes. Je crains fortement que d’aucuns aient tenté, à la faveur de cette quinzaine, de faire accroire que la République Française serait un « Etat raciste » et que nos concitoyens vivraient sous l’empire d’une ségrégation organisée par la loi. Je crains qu’on ait voulu une fois de plus salir et discréditer un emblème de la République, inscrit dans l’article 2 de notre Constitution, et symbole républicain sous l’ombre tutélaire duquel s’est construite l’unité du pays et se sont livrés tant de combats pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité.

En second lieu, si les choix faits dans le cadre de la programmation de cette « Quinzaine » sont évidemment à la discrétion des organisateurs et reflètent des choix politiques qu’il vous revient d’assumer, l’absence de la question de l’antisémitisme dans les événements qui vont jalonner ces deux semaines pose question. Dans le contexte que traverse notre pays, à un moment où les actes antisémites ont progressé de 74% en 2018, j’avoue être affligé de voir qu’une ville comme la vôtre ait décidé de mettre cette question sous l’éteignoir, comme s’il fallait se résoudre à voir nos compatriotes juifs quitter les territoires de Seine-Saint-Denis sans réagir, sans s’interroger sur les raisons qui ont rendu leur vie insupportable dans certains quartiers.

J’ai la conviction que face au racisme et à l’antisémitisme, il est impossible de combattre, par l’organisation de quinzaine de sensibilisation, et en même temps de cautionner des dérives qui poussent à la division et au repli identitaire. L’exercice des mandats confiés par le suffrage universel exige de la transparence et de la clarté. C’est à cette clarté que je souhaite vous inviter aujourd’hui par cette interpellation, afin de lever les ambiguïtés, de sortir du confusionnisme, et de regarder la République en face, dans les yeux, avec sincérité. Avec universalisme.

Mario Stasi
Président de la LICRA

4 Commentaires

  1. Je ne comprends pas la lettre du président de la LICRA. Pourquoi polémiquer alors qu’on commence par y lire : « Votre ville, et c’est heureux, a pris l’initiative d’une « Quinzaine antiraciste et solidaire » organisée avec un collectif d’associations. » ? Par définition, qui
    condamne le racisme ne peut que condamner par là l’antisémitisme, la forme de racisme sans doute la plus barbare que l’humanité ait connue dans son histoire !

  2. Aujourd’hui les maires de banlieues font du clientélisme et soutiennent sans vergogne les islamistes de toutes obédiences qui veulent faire appliquer la charia dans nos cités avant de faire appliquer les lois de la République!

  3. Staline est mort en mars 1953. Les « Blouses blanches » c’était juste avant, il y a 65 ans…De nos jours, le P.C (f) , s’il n’est plus ce grand parti de l’immense majorité des intellectuels de France qu’il a été,il est devenu un des nombreux « petits » partis de gauche, par trop europhobe, du monde occidental. Je ne crois cependant pas qu’il mérite un parallèle avec le P.C des Staliniens de 1953.Le 19 février 2019, dans les manif contre l’antisémitisme, les adhérents du PC(f) nous ont montré qu’ils étaient présents. Dans sa lettre au Maire de Saint-Denis, le Président de Licra à aucun moment ne souligne l’appartenance politique du Maire critiqué.

  4. C’est ce qu’ A pratiqué le PCF presque toute SA chaotique existence . Rappelez-vous ‘! Lors du procès des blouses blanches ( Staline voulait faire condamner UN groupe de Medecins Juifs qu’il accusait de vouloir l’assassiner). Que faisait notre PCF ? Il encourageait d’éminents médecins Juifs francais à aller solliciter des signatures d’autres Medecins Juifs POUR confirmer qu’il n’y avait pas d’antisemitisme en URSS et que les « blouses blanches » étaient bien des agents de l’Intelligence Service et de la CIA désireux d’assassiner le Grand Staline!
    Même moribond, le PC n’a pas changé : Il mourra bien comme il a vécu , en faussaire!

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