Lyon contre l’extrême-droite

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La LICRA se mobilise à Lyon contre l’extrême-droite. Mario Stasi, Président de la LICRA, et Ari Sebag, secrétaire général, sont allés le 29 novembre à la rencontre des acteurs politiques et associatifs qui, autour d’Alain Blum et de la section Auvergne-Rhône-Alpes de la LICRA, ont engagé une mobilisation contre le développement et le prosélytisme de l’ultra droite à Lyon.

Une situation préoccupante

Nous assistons à Lyon à plusieurs phénomènes qui convergent dans la même direction, et nous devons faire face à des mouvements qui ont entrepris de « coloniser » le Vieux Lyon pour en faire une base arrière de combats menés au niveau local, régional, national et européen. Prosélytes, ayant adopté une stratégie de séduction de la jeunesse, ces mouvements n’en sont pas moins violents, sur une base idéologique qui n’a pas varié. Il s’agit de groupes violents, racistes et antisémites à l’image de Bastion Social, émanation du GUD, dont le président fondateur a été condamné en première instance (appel en cours) en août dernier et dont le procès a montré l’affiliation de ce mouvement au néo-nazisme puisqu’on a retrouvé chez lui, outre un arsenal de matraques, de taser, et de bombes lacrymos, des cartes postales à l’effigie d’Adolf Hitler, de la Wehrmacht, des textes négationnistes qui réécrivent l’histoire d’Oradour-sur-Glane, de collaborateurs, de Léon Degrelle, l’Ave Europa un chant à la gloire de la Panzerdivision.

A cela s’ajoute un élément de contexte plus récent, celui de la création à Lyon de la « Marion Maréchal Académie », l’ISSEP, une véritable « Fabrique » de cadres d’extrême-droite, qui, dans le quartier de la Confluence, prépare justement la Confluence de la droite extrême et de l’extrême-droite.

Une prise de conscience : le Manifeste de la LICRA AURA

Le préalable à toute forme de réponse à cette situation, c’est la prise de conscience de la gravité de la situation et de la nécessité de ne pas mettre la poussière sous le tapis, de nommer les choses. L’extrême-droite radicale doit être désignée pour ce qu’elle est : raciste, antisémite, négationniste, xénophobe et homophobe.

La LICRA Auvergne-Rhône-Alpes a pris l’initiative de lancer un appel, un manifeste pour réveiller les consciences auprès d’un certain nombre de décideurs et d’acteurs de la vie de la Cité, » qui vise à sonner la mobilisation contre la prolifération contre le développement de l’extrême-droite radicale. Les premiers signataires, parmi lesquels figurent Thomas Rudigoz et Jean-Louis Touraine, député, David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, ont tenus à soutenir publiquement la démarche de la LICRA.

Je signe le manifeste

Une urgence : la dissolution

Après avoir déambulé dans le Vieux Lyon aux côtés de Thomas Rudigoz, député du Rhône, et de Béatrice Gailliout, maire du 5ème arrondissement de Lyon, Mario Stasi a exprimé auprès des élus et de la presse une demande qui, pour l’heure, est restée sans réponse. Comme elle le fait depuis plusieurs mois, la LICRA demande aujourd’hui publiquement et solennellement la dissolution des mouvements identitaires radicaux dont l’activité contrevient aux dispositions de l’article L 212-1 du Code de la Sécurité Intérieure qui dispose que doivent être dissous les mouvements qui :

  • « provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence ».
  • « Ou qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées »

Quand des mouvements comme Bastion Social voit ses membres poursuivis pour des agressions racistes, à Marseille ou récemment à Clermont-Ferrand, quand leur leader, dont on a rappelé l’arsenal doctrinaire néo-nazi retrouvé chez lui, est condamné en première instance (appel en cours) pour provocation à la haine raciale, l’Etat doit dissoudre Bastion Social.

Quand Génération identitaire affrète un bateau xénophobe pour jouer aux gardes-côtes pour refouler les migrants, quand Génération identitaire joue aux gardes-frontières à la place de nos douanes dans les Alpes, Génération Identitaire se comporte comme une milice privée qui doit être dissoute. La LICRA demande donc sur ces fondements au Gouvernement et à Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur, de dissoudre Bastion Social et Génération Identitaire.

Une exigence : l’éducation et la formation

Ces réponses à court et moyen termes seront vaines si nous n’inscrivons pas notre action sur le long terme. Ce que l’extrême-droite radicale veut inscrire dans les consciences d’une partie de la jeunesse, nous devons le combattre sur plusieurs générations grâce à un travail d’éducation. Pour cela, nous avons un combat culturel et politique à mener et nous avons besoin de l’Etat, évidemment, mais notre action de terrain ne serait rien sans les collectivités locales. C’est le sens du plan d’action que la LICRA AURA prépare avec David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon

Ce plan d’action vise notamment à développer des actions concrètes d’éducation et de formation :

  • Dans les établissements scolaires pour éveiller l’esprit critique des jeunes, à mettre en place des mesures de responsabilisation
  • Avec la Protection judiciaire de la jeunesse, pour ramener dans le socle républicain des jeunes radicalisés, qu’il s’agisse de la tentation islamiste ou de la tentation de l’ultra-droite.
  • Dans les clubs sportifs, afin qu’ils demeurent des lieux de fraternité et non pas des lieux où s’affronteraient les extrémismes
  • Dans l’accueil des victimes et des plaignants
  • Dans les formations des forces de l’ordre
  • Dans l’action culturelle, levier d’émancipation qui doit aider les jeunes à sortir de l’enfermement identitaire auquel les extrémistes veulent les astreindre

1 COMMENTAIRE

  1. Je partage pleinement l’analyse et le constat de la LICRA sur la lourde présence de l’extrême droite à Lyon qui prend ses aises dans la capitale des Gaules.
    Je suis lyonnais et suis indigné par cet état de fait et le peu de réaction parmi la classe politique républicaine ainsi que de la part des lyonnais.
    La lutte contre ces idées doit s’opérer à tous les niveaux dans toutes les strates de la société. Cela passe en effet par la dissolution de ces groupuscules.
    Quand on pense qu’en France, à Bure, on perquisitionne, on met en garde à vue, on condamne des défenseurs de l’environnement qui ose contester l’enfouissement de déchets nucléaires et que ces gens nauséabonds ont pignon dur rue, on se demande dans quel État l’on vit.

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