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1, jour, 1 combat : 25 avril 1974 – La Révolution des Oeillets

1 jour, 1 combat : La chronique antiraciste

Le 25 avril 1974, à minuit et 20 minutes, la chansonde Zéca Alfonso, Grândola, Vila Morena, retentit sur les ondes de Radio Renaissance au Portugal. Cette chanson, sortie en 1971 est pourtant interdite au Portugal par le régime dictatorial de l’Estado Novo en raison du fait qu’elle exalterait les idées communistes. La diffusion de cette musique n’est pasune simple bravade isolée. C’est le signal qui donne le départ d’une Révolution au Portugal. La veille, le journal La Republica avait invité les Portugais à tendre particulièrement l’oreille. A minuit et demi, l’École Pratique de l’Administration Militaire est occupée. Dans les heures qui suivent, les troupes du Mouvement des Forces Armées, du nom du mouvement révolutionnaire composé essentiellement de jeunes capitaines de l’armée de terre ayant pour la plupart servi dans les guerres coloniales portugaises, se déploient dans la pays et s’emparent des lieux stratégiques : l’aéroport, les radios, En dépit des appels au calme et de l’invitation faite à la population de rester chez elle, les Portugais descendent massivement dans les rues. Sur la route, en traversant le marché aux fleurs de Lisbonne, plusieurs militaires insurgés se voient offrir des oeillets : cette fleur deviendra rapidement l’emblème de cette journée hors du commun et de la Révolution qui est à l’oeuvre. A 8h30 du matin, la radio fait entendre la voix des militaires insurgés : « Les forces armées ont lancé une série d’actions visant à libérer le pays de ce régime qui le dirige depuis longtemps. Dans leurs communiqués, les forces armées ont appelé à la non intervention des forces policières afin d’éviter tout bain de sang. Nous en tenant toujours au même désir, nous n’hésiterons pas à répondre, de manière ferme et implacable, à la moindre opposition manifeste. Conscient d’être l’interprète du véritable sentiment de la Nation, le MFA poursuivra son action libératrice et demande à la population de garder son calme et de rentrer chez elle. Vive le Portugal. »A 16h30, Marcelo Cateano, président du Conseil qui a succédé au dictateur Salazar en 1968 et réfugié dans les locaux de la garde républicaine, se résout à abandonner le pouvoir et trois heures plus tard, se rend avec la seule condition d’être remis à un officier supérieur. A 1h30, les membres de la JSN (Junta de Salvação Nacional) apparaissent à la télévision. Le régime en place depuis 48 an « militaro-salazariste » s’est effondré en une journée. Les membres de la junte lisent une proclamation solennelle au pays : le pouvoir sera remis aux civils à l’issue de la tenue d’élections libres avec pour objectif d’atteindre rapidement les Trois D : « démocratiser, décoloniser et développer ». Aucun affrontement majeur n’aura eu lieu et seules 4 victimes sont à mettre au bilan de cette journée. Le pays sort progressivement de ce long tunnel au cours duquel le peuple portugais a été muselé, la vie politique barricadée dans l’idéologie de l’Estado Novo : les prisons politiques ont vu défiler les opposants au régime et la torture a servi de système de gouvernement à un régime qui s’est abîmé dans des guerres coloniales interminables et terriblement coûteuses en vie. Si les conservateurs tentent à deux reprises de reprendre le pouvoir en 1975, le Portugal se dote d’une constitution démocratique en avril 1976 tandis que la décolonisation s’achève en quelques mois. Depuis, le 25 avril est au Portugal un jour férié, celui de de la Fête de la Liberté.

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